Réglementation

Denrées alimentaires : bien lire les étiquettes

Lors du choix des denrées alimentaires qui composeront les menus, il est indispensable de lire les étiquettes apposées sur les emballages car tous les aliments ne sont pas les bienvenus pour les jeunes enfants. Conseils pour décrypter ces informations qui en disent long sur la composition des aliments.
Rayon fruits et légumes d
Sur les étiquettes ou emballages, on trouve toutes les informations indispensables pour garantir les bonnes conditions de conservation, la sécurité des enfants souffrant d’allergies ou d’intolérance alimentaire mais également la composition nutritionnelle pour un grand nombre de produits. Parmi les informations présentes il faut distinguer les mentions obligatoires et les facultatives.

Les mentions obligatoires
Elles concernent la composition des produits, les OGM et les valeurs nutritionnelles. Revue de détails.
  • La dénomination de vente qui définit le produit (ex. : confiture extra de fraises).
  • L’origine, si son omission risque d’induire le consommateur en erreur.
  • La liste des ingrédients mis en œuvre par ordre d’importance décroissante (y compris additifs et arômes).  Une lecture rapide devant permettre de connaitre la qualité du produit en fonction du pourcentage indiqué et de son emplacement dans la liste !
  • La présence d’allergène, l'ingrédient doit figurer sur l'étiquetage dans la liste des ingrédients de la denrée par une référence claire au nom de l'allergène. Par exemple, si la recette d'une denrée met en œuvre de la lécithine issue de soja en tant qu'émulsifiant (dans du chocolat par exemple), celle-ci devra être mentionnée en tant que telle dans la liste des ingrédients : "émulsifiant : lécithine de soja", et non "émulsifiant : lécithine" ou "émulsifiant : E322". L’étiquetage du type peut contenir des traces de... ou susceptible de contenir des... ne constitue qu'un dernier recours dans le cas où il n'est pas possible de maîtriser le risque de contamination fortuite.
  • La quantité de certains ingrédients, par exemple ceux mis en valeur sur l’étiquetage ou dans la dénomination de vente (ex. : gâteau aux fraises, pizza au jambon)
  • La quantité nette du produit en volume (produit liquide) ou masse (autres produits). Si le produit est présenté dans un liquide, indication du poids net égoutté.
  • La date de consommation pour les denrées périssables : Date Limite de Consommation (DLC) « à consommer jusqu’au… » ou pour les produits non  périssables  une date de durabilité minimale (DDM), anciennement dénommée date limite d’utilisation optimale (DLUO). La DDM est exprimée sur les conditionnements par la mention : A consommer de préférence avant le…, complétée par l'indication suivante : jour et mois pour les produits d'une durabilité inférieure à 3 mois/mois et année pour les produits d'une durabilité comprise entre 3 et 18 mois/année pour les produits d'une durabilité supérieure à 18 mois.
Ces mentions doivent figurer en toutes lettres. Lors de la réception ces dates doivent être les plus lointaines afin d’assurer une rotation des stocks sereine.
  • L’identification du fabricant : nom, adresse. Si le conditionnement est réalisé par un prestataire, les coordonnées du centre d’emballage doivent apparaitre (précédé de « emb » (ex. : EMB bzh29800)). Ici, vous pouvez privilégier les fabricants nationaux ou locaux si votre établissement adhère à l’agenda 21 par exemple.
  • Le numéro du lot de fabrication. Cette mention est obligatoire, elle permet en cas d’alerte sanitaire de remonter à l’historique de la fabrication. Ce N° sera conservé de même que la DLUO ou DLC accompagnés de la désignation du produit sur les fiches Traçabilité dans votre établissement.
  • Le mode d’emploi, si la denrée nécessite un usage approprié ou une conservation spécifique (ex. : à consommer cuit à cœur, à conserver au réfrigérateur après ouverture 3 semaines maximum). Vous devez respecter ses recommandations,  elles sont garantes de la qualité sanitaire des denrées car en cas d’intoxication, votre responsabilité risque d’être engagée.
  • La marque de salubrité (ou estampille sanitaire), qui identifie les établissements préparant, traitant, transformant, manipulant ou entreposant des denrées animales ou d’origine animale (marque obtenue auprès de la DDPP)
  • L’étiquetage des OGM (organismes génétiquement modifiés)  ainsi que des produits obtenus à partir de tels organismes (encore appelés dérivés d'OGM) est obligatoire depuis 2003
  • La déclaration nutritionnelle est rendue obligatoire à compter du 13/12/2016, elle vise à permettre aux consommateurs de comparer les denrées entre elles et à choisir les aliments adaptés. Pour le moment, elles ne sont obligatoires que lorsqu’une allégation nutritionnelle (exemple « riche en vitamine C ») ou relative à la santé (exemple : « la vitamine D est nécessaire pour la croissance et le développement normal des os des enfants ») figure sur l’étiquetage ou dans la publicité d’une denrée alimentaire. Vous devez, dans ce cas, être également informé de la quantité de substance faisant l’objet de l’allégation. Mais depuis qu’il faut apporter la preuve d’un réel effet sur la santé, les industriels se font plus discrets. L’étiquetage nutritionnel donne une information sur les teneurs des aliments en énergie, en protéines, glucides, lipides et parfois aussi en fibres alimentaires, en sodium ainsi qu’en vitamines et sels minéraux. Il complète utilement les informations fournies par la liste des ingrédients présente obligatoirement sur l’étiquette des aliments et permet de respecter les recommandations  nutritionnelles du jeune enfant.

Les mentions facultatives
Elles sont encadrées réglementairement et concernent les signes officiels de qualité : Appellation d’Origine Contrôlée, Label Rouge, Agriculture Biologique etc. Mais elles ont trait aussi aux procédés de fabrication artisanaux comme :
  •  « Artisanal » : produit qui doit être fabriqué par un artisan, inscrit au registre des métiers
  • « Maison » ou « fait maison » : que si le produit est préparé de manière non industrielle, sur le lieu de vente
  •  « À l’ancienne », « traditionnel » : seulement si produits fabriqués selon des usages anciens répertoriés, les d’additifs sont absents.
Ces mentions apportent un complément d’informations sur la qualité des produits proposés et permet de choisir entre plusieurs références.

Vigilance lors des achats
 Les emballages des denrées alimentaires sont très colorés, les spécialistes « packagings » de l’industrie agro- alimentaire déroulent tout leur savoir faire pour attirer les acheteurs. Les gousses de vanille fleurissent sur les pots de yaourt ou de glace, les fruits mûrissent sur les paquets de gâteaux…Un regard et le choix est rapide pour qui ne lit pas les étiquettes mais lors de l’utilisation le pot au rose peut être découvert,  le sucre est en fait du sirop de glucose fructose et le chocolat au lait habituel est à l’aspartame !Pour que les déjeuners et les gouters à la crèche soient un vrai régal au naturel pour les enfants prenez l’habitude de lire la composition des aliments, faite une liste positive des denrées à acheter et discuter avec le prestataire le cas échéant afin qu’il vous propose les meilleurs ingrédients pour la confection des repas.
 

Additifs alimentaires : déconseillés pour les petits

Il faut éviter autant que faire ce peut de servir des aliments comportant des additifs (arômes artificiels, colorants, conservateurs, exhausteurs de goût, agents de texture, antioxydants, antibiotiques etc.) .IL est souhaitable de proscrire les édulcorants, la sécurité de ces ingrédients n’ayant pas été évaluée pour les nourrissons et enfants en bas âge. La lecture de la composition s’impose donc lors des achats et du passage des commandes car il faut s’assurer de leur absence.

Article rédigé par : Sylvie Guillou, docteur en chimie, www.secali.com
Modifié le 13 novembre 2017