Guide ministériel COVID-19 – Modes d’accueil : le point sur les nouvelles consignes

Une version non définitive du guide ministériel « COVID-19-Modes d’accueil du jeune enfant », avec de nouvelles consignes sanitaires, a été transmise aux acteurs du secteur. Il devrait être publié d’ici la fin de la semaine. Le point sur les principaux changements qui devraient permettre à l’avenir d’éviter les fermetures de crèches sauf en cas de clusters identifiés.
La mise à jour du guide ministériel avec ses nouvelles consignes soit renforcées (port du masque) soit allégées (cas d’éviction notamment) repose essentiellement sur les récents avis du Haut Conseil de Santé Publique. Voici les principaux changements.

Port du masque grand public obligatoire pour les professionnels y compris en présence des enfants
Cela concerne les professionnels exerçant en EAJE mais aussi les assistantes maternelles exerçant en MAM ou fréquentant un RAM. Seules les assistantes maternelles exerçant à leur domicile et les gardes d’enfants à domicile en sont dispensées. Néanmoins, elles doivent le porter quand elles sont en interactions avec le parent.
A noter : une dérogation au port du masque systématique peut cependant être proposée lors de contacts avec des enfants stressés et angoissés par le port de masque par les adultes ou présentant des troubles du comportement, des difficultés relationnelles ou un handicap ;
Pour les professionnels à risque de formes graves de la Covid19, le port d’un masque à usage médical (de type chirurgical) est obligatoire à tout moment ;
Le guide rappelle que le port du masque de protection par les enfants de 0-3 ans est à proscrire.
En ce qui concerne les assistantes maternelles, il est précisé que le port du masque de protection est obligatoire lorsqu’un ou plusieurs enfants accueillis ont été identifiés comme à risque particulier.

La durée de l’isolement est de 7 jours pour les professionnels et les enfants cas confirmés ou contact à risque.
Chez un cas confirmé symptomatique non immunodéprimé et non hospitalisé, la durée d’isolement est portée à 7 jours à partir de la date de début des symptômes (s’il y a encore de la fièvre au 7e jour, l’isolement est maintenu jusqu’à 48h après la fin de la fièvre).
Chez un cas confirmé asymptomatique, la durée d’isolement est également de 7 jours à partir de la date de prélèvement du test positif (si la personne développe des symptômes, l’isolement est prolongé d’une durée de 7 jours à partir de la date des débuts des symptômes).
Chez un professionnel personne contact à risque, la période d’isolement est allégée de 14 jours à 7 jours en cas de test RT-PCR négatif à 7 jours du dernier contact avec le cas (pour les membres du foyer qui ne sont pas séparés du cas, la durée d’isolement est prolongée de 7 jours à partir de la date de guérison du cas).
Pendant la semaine qui suit la levée de l’isolement :
-  Les professionnels portent un masque en permanence (chirurgical pour les cas confirmés, grand public pour les contacts) ;
-  Professionnels et enfants suivent scrupuleusement les mesures d’hygiène, notamment le lavage des mains ;
-  Professionnels et enfants évitent tout contact avec des personnes à risque de forme grave.

La définition des contacts à risque évolue pour tenir compte des spécificités épidémiologiques des collectifs de jeunes enfants.
Le seul fait qu’un professionnel soit Covid+ (cas confirmé) n’implique pas que les enfants accueillis et les autres professionnels soient identifiés comme « contacts à risque » à condition que le professionnel Covid+ ait bien porté en permanence un masque de protection, grand public de catégorie 1 ou de type chirurgical, et pour les autres professionnels qu’ils aient porté également un masque.
De même, lorsqu’un enfant accueilli est confirmé Covid+, les professionnels intervenus auprès de lui ne sont pas automatiquement identifiés comme « contacts à risque » à condition qu’ils aient porté en permanence un masque de protection en sa présence, grand public de catégorie 1 ou de type chirugical.
Enfin, lorsqu’un enfant accueilli est confirmé Covid+, il n’y a pas lieu d’identifier comme contacts à risque les autres enfants accueillis avec lui.

Les signes évocateurs de la Covid19 sont précisés
Chez l’enfant, selon l’avis du Haut Conseil de Santé Publique, les signes évocateurs de la Covid19 sont une infection respiratoire aiguë avec une fièvre ou une sensation de fièvre, ou toute autre manifestation clinique suivante de survenue brutale :
• Asthénie inexpliquée (fatigue générale) ;
• Myalgies inexpliquées (douleur musculaire) ;
• Céphalées (maux de tête) en dehors d’une pathologie migraineuse connue ;
• Anosmie ou hyposmie sans rhinite associée (perte de l’odorat) ;
• Agueusie ou dysgueusie (perte du goût) ;
• Altération de l’état général ;
• Diarrhée ;
• Fièvre isolée chez l'enfant de moins de 3 mois.
Les rhinites seules ne sont pas considérées comme des symptômes évocateurs de Covid-19.
Sauf dans les cas d’urgence, il est recommandé de consulter un médecin lorsque l’enfant demeure symptomatique au bout de trois jours.
Lorsque les symptômes durent moins de trois jours ou lorsque le médecin consulté n’a pas identifié́ l’enfant comme « cas possible », celui-ci peut de nouveau être accueilli après la disparition des symptômes et signes cliniques banaux évoquant une infection automne-hivernale.

Ces nouvelles dispositions devraient éviter que des enfants soient régulièrement évincés de leur lieu d’accueil sous prétexte qu’ils présentent une petite fièvre (ce qui est somme toute assez banale chez le petit de moins de 3 ans en cas de poussées dentaires par exemple). Ces mesures devraient rassurer les gestionnaires qui étaient dans l’obligation de fermer leur structure dès qu’un cas de COVID-19 était diagnostiqué.
Rappelons que cette version provisoire est susceptible de légères modifications d’ici la publication officielle du guide. Enfin, le guide maintient toutes les consignes sanitaires telles les gestes barrières et les conseils de nettoyage et d’hygiène en vigueur précédemment.

Ci-dessous : à télécharger la version définitive du guide
 
Article rédigé par : Catherine Lelièvre
Publié le 23 septembre 2020
Mis à jour le 02 octobre 2020