Laep : un fonctionnement très spécifique

Même si chaque Laep définit son propre projet de fonctionnement, il répond aux critères du référentiel national de la Cnaf. Et ce sont les accueillants qui garantissent ce projet.
Des accueillants neutres, garants du respect du cadre
Les accueillants des Laep peuvent être des professionnels de la petite enfance, du médical, du social, du jeu, des psychologues, des bénévoles… Volontaire, chacun possède des savoirs et des savoirs-être liés à son champ de compétence, et doit être formé à la pratique d’accueillant en Laep. Deux accueillants sont présents à chaque séance.

Garant du bon fonctionnement du lieu, des règles et du respect du cadre, l'accueillant se présente dans ce rôle spécifique aux parents et aux enfants sans se référer à sa profession initiale, ni à son statut. En effet, chaque accueillant doit s’exprimer dans une attitude discrète, empathique, chaleureuse, compréhensive, et dans l’absence totale de jugement et de toute question intrusive. Cette posture permet de créer un climat de confiance, de sécurité, propice aux échanges et au plaisir partagé, de rassurer les parents sur leurs capacités à assurer leur rôle parental et de reconnaître les capacités individuelles de chaque enfant.

Les accueillants sont chargés de l'aménagement de l’espace de façon chaleureuse en tenant compte des besoins des enfants et des parents. « La sécurité psychique, physique et affective de chaque enfant et parent sont garanties par l’équipe d’accueillants, souligne Françoise Neyrolles. C’est un accueil sans jugement et bienveillant centré sur la relation enfant/parent et où les règles de vie, la non-violence et le respect de l’altérité sont respectés ».
Les accueillants sont disponibles et à l’écoute des familles, font le lien et valorisent la relation entre l’enfant et le parent. Ils accueillent l’enfant, l’adulte et leur relation dans leurs spécificités culturelles, sociales et familiales.

Bon à savoir : Une formation d’accueillant en Laep est nécessaire quel que soit le parcours professionnel ou personnel de la personne. Elle dure quelques jours et est dispensée par des organismes de formation (certaines CAF la financent). Une analyse de pratiques ou supervision avec un psychologue est également obligatoire pour l’équipe d’accueillants avec un minimum de 8h par an.

Des projets singuliers avec une éthique commune
Chaque Laep rédige son propre projet, ses règles de vie, en cohérence avec le référentiel Cnaf. Il précise le public accueilli, notamment l’âge des enfants (jusqu’à 3 ou 6 ans). Mais aussi l’ouverture ou non aux professionnelles (assistantes maternelles…). Il définit les objectifs du Laep et les règles de vie qui garantiront le respect de tous. Cette conduite de projet permet de « faire équipe », de s’interroger en profondeur sur l’accueil et ses finalités. Outre les modalités de fonctionnement, ce document final traduit les valeurs du Laep. Pour les parents, il conforte les « règles de vie » énoncées au premier accueil et rappelées éventuellement à d’autres séances. C’est à partir de ce projet que sera élaboré chaque année un bilan quantitatif et qualitatif du Laep, qui sera remis au gestionnaire et à la CAF.
« Un Laep, c’est toujours le même projet, mais avec des variations selon les territoires, les populations et les équipes d’accueillants », souligne Françoise Neyrolles.

Un fonctionnement en partenariat et/ou en réseau
Un Laep est complémentaire à d’autres services à la disposition des jeunes enfants et de leur famille. Pour son ouverture, tous les acteurs de la petite enfance sont informés et/ou sollicités (PMI, RAM, Multi-accueil), mais aussi des services municipaux, des associations, des centres sociaux, des travailleurs sociaux, la CAF, le Conseil départemental… Le Laep s’intègre le plus souvent dans un partenariat actif entre les différents acteurs du territoire.

Par ailleurs, un réseau des Laep peut exister (géré par la CAF, une association...) permettant de mutualiser les pratiques et les outils professionnels afin d'éviter l’isolement des accueillants, de regrouper les séances d’analyse de la pratique, d’offrir des sessions de formation… Parfois le Laep est soutenu par un réseau « parentalité », comme les Réseaux d’écoute, d’appui et d’accompagnement des parents (Reaap).
« Dans le Val-d’Oise, les Laep sont pour la plupart ouverts une ou deux fois par semaine durant 2 à 2h30, et accueillent 20 personnes en moyenne (enfants et parents), nous précise Françoise Neyrolles. Les locaux sont en général une pièce mise à disposition et spécialement aménagée pour le Laep, mutualisée avec un RAM, un centre social, une ludothèque… Dans certaines zones rurales, il existe des Laep itinérants et intercommunaux ».
Article rédigé par : Catherine Alexandre
Publié le 11 septembre 2019
Mis à jour le 13 novembre 2019