Agnès Buzyn évoque sa feuille de route pour la petite enfance

Elle était attendue. Pour sa première prise de parole devant des professionnels de la petite enfance, Agnès Buzyn la Ministre des Solidarités et de la Santé a fait un sans-faute. Son discours simple, clair et franc a été accueilli par un tonnerre d’applaudissements lors de la clôture du premier jour des Journées Nationales d’Etudes des Puéricultrices organisées par l’ANPDE. Il faut dire que le matin même, l’ex-président de l’association Sébastien Colson et le nouveau président Charles Eury avaient regretté en des termes très sévères « le peu de considération voire le mépris » que Marisol Touraine la Ministre de la Santé du précédent quinquennat avait témoigné aux infirmiers et infimières puéricultrices.
La petite enfance : un enjeu majeur
Rappelant que la profession fête ses 70 ans cette année, la Ministre a commencé « la puéricultrice est partout où il y a des enfants. Quel beau métier que le vôtre, vous pouvez en être fiers mesdames et messieurs puisqu’il y a aussi des hommes. Quoi de plus essentiel que de faire naître et grandir des enfants. Quoi de plus important que de les soigner et les éduquer. » Avec une telle introduction, la ministre ne pouvait que mettre la salle dans sa poche. Elle a poursuivi en insistant sur le fait que la politique familiale française est un modèle : « nos crèches sont reconnues dans le monde entier. (…) Nous avons en France un dense réseau de PMI dont je tiens à saluer l’action. (…) Je sais que nous manquons de professionnels, de pédopsychiatres notamment. J’espère atténuer ce manque dans les années à venir. » Et la ministre d’énumérer tout ce qu’il faudrait améliorer dans la prise en charge précoce des enfants en difficulté et de l’investissement social qu’elle nécessite. Et dans ce travail, selon la ministre, les puéricultrices ont un rôle crucial à jouer en tant que poste avancé dans l'observation de l'enfant.
La formation au coeur de l'avenir de la profession
« Développer les modes de garde individuels et collectifs, soutenir les parents, leur permettre de mieux concilier vie professionnelle et vie familiale. Voilà les axes forts de la feuille de route que le gouvernement m’a confiée et que je suis en train de préparer. Des rapports m’y aident comme celui de Sylviane Giampino que j’ai reçue récemment. » Puis Agnès Buzyn a rappelé aux puéricultrices les enjeux d’avenir de leur métier : la mixité, la formation initiale et continue, le déroulement de carrière pour éviter l’usure, et bien sur la réingénierie du diplôme. « Je sais que vous souhaitez une formation en 4 semestres et la reconnaissance à terme du grade master. Je ne peux pas faire d’annonce, mais ce dossier est sur mon bureau ». Sous des applaudissements chaleureux, la ministre a conclu « dans ce ministère nous sommes à vos côtés, merci pour tout ce que vous faites au quotidien pour nos enfants qui sont l’avenir de notre pays ».
Article rédigé par : C.L. et A.B.B.