Journées Nationales d’Etudes des Puéricultrices : 1200 professionnels attendus

Ce matin mercredi 14 juin s’ouvrent à Issy-les-Moulineaux les Journées Nationales d’Etudes des Puéricultrices organisées conjointement (et c’est une première) par l’ANPDE (l’Association Nationale des Puéricultrices Diplômées et Etudiants) et le Ceepame (Comité d’entente des écoles préparant aux métiers de l’enfance).
Une Ministre et un anniversaire
Ces journées au programme riche et dense se dérouleront sur trois jours et seront cette année marquées par deux évènements. Tout d'abord demain après-midi la venue et la prise de parole de la Ministre des Solidarités  et de la Santé Agnès Buzyn. Une façon de monter enfin son intérêt pour la petite enfance et ses professionnels. Son discours est très attendu car jusqu’à présent, la Ministre s’est peu exprimée sur ces domaines. Ensuite cette année la profession fête les 70 ans du diplôme d'état de puéricultrice et des festivités sont prévues à cette occasion.  
Un métier né dans l’ère hygiéniste de l’après 2éme guerre mondiale
L’histoire de la profession débute véritablement après les ordonnances de 1945 créant la Protection Maternelle et Infantile et l’ère hygiéniste qui s’en suivit. Ainsi le 13 Aout 1947 le diplôme d’état de puériculture voit le jour… à peine 8 jours plus tard, le 20 aout , un décret le rebaptise diplôme d’état de puéricultrice. Et il faudra attendre 1975 pour que la profession s’ouvre officiellement et légalement aux hommes. 30 ans ! Ceci explique sans doute qu’aujourd’hui la profession ne compte qu’1 petit % d’hommes.
En 1947, la formation et le diplôme sont accessibles non seulement aux infirmières et aux sages-femmes comme aujourd’hui, mais aussi aux assistantes sociales. C’est une formation courte en 43 semaines de stage. Il n’y a aucun cours théorique. Le programme était différent, il s’agissait d’acquérir les bonnes pratiques. Puis il y a le tournant des années 6O/70, et la découverte de nouvelles connaissances : la théorie de l’attachement de Bowlby, la psychologie de l’enfant, son développement.
Des missions plus larges, de nouveaux lieux d’exercice
D’ailleurs dès 1962, les puéricultrices peuvent prendre des postes de direction en crèche. Un nouveau programme voit le jour en novembre 1969. 200 h de théorie, 1100 heures de pratique et plus d’accès aux assistantes sociales. On commence à s’éloigner de l’hygiénisme même si la puéricultrice est à 99% d’abord infirmière. En 1983 c’est un programme très innovant qui voit le jour. Il s’est densifié avec 650 h de cours, 710 h de stages pratiques et 140h de TD.
Ce qui est très innovant pour l’époque c’est le préambule sur les missions de la puéricultrice selon qu’elle travaille en milieu hospitalier, en PMI ou en en EAJE. La profession n’est à ce moment-là déjà plus accessible aux assistantes sociales.
Une généraliste de la petite enfance
Le programme actuellement en vigueur est celui de 1983… C’est dire s’il est nécessaire de le moderniser au vu des changements sociétaux et de l’émergence de nouvelles connaissances. Le nouveau diplôme mettra l’accent sur le rôle généraliste de la puéricultrice. Il se préparera en 2 ans et entrera en vigueur à la rentrée 2018.

Rappelons qu’il existe actuellement environ 20 000 puéricultrices/ puériculteurs en France qui exercent en libéral (environ 1000), en milieu hospitalier (plus de 12 500) ou dans d’autres lieux dont les EAJE (plus de 6000).

A lire aussi : 
Une enquête de l’ANPDE sur la qualité de vie des étudiantes-puéricultrices.
Et la chronique Anne-Cécile Georges:  Desperate puéricultrice.
Article rédigé par : C.L