Agnès Buzyn soutient la proposition de loi contre les violences éducatives ordinaires

Agnès Buzyn a ouvert ce matin la Journée de mobilisation et de lutte contre les violences faites aux enfants qui se tenait au Ministère des Solidarités et de la Santé. A cette occasion elle a annoncé son soutien à la proposition de loi visant à interdire les violences éducatives ordinaires déposé par deux députés  et son souhait de voir augmenter les crédits et les actions en faveur du soutien à la parentalité dans la prochaine COG.

Agnès Buzyn lors de son discours d’ouverture a repris à son compte le plan lancé par Laurence Rossignol à a fin du quinquennat de François Hollande, soulignant qu’elle avait décidé de poursuivre ce « plan ambitieux et complet » (23 mesures, 72 actions) dont elle avait hérité. Pas de changement de stratégie donc. Tout juste a-t-elle précisé qu’elle pourrait le compléter par quelques mesures comme par exemple celles concernant le nouveau carnet de santé (prévu pour avril 2018, il comportera notamment des conseils de prévention sur le syndrome du bébé secoué et de conduite à tenir en cas de pleurs) ou les actions qui seront menées pour limiter l’exposition précoce des enfants aux écrans.
 Rappelant « qu’un plan sert à mobiliser des énergies pour atteindre des objectifs consensuels, cherche nouer des partenariats pour plus d’efficacité, permet d’orienter des actions et fixer des priorités », la Ministre a souhaité donner ses propres priorités.

Violences familiales : un décès d’enfant par semaine
En 2016 a rappelé la Ministre 67 enfants* sont morts sous les violences familiales. Soit un décès par semaine. Ce chiffre est sans doute sous -estimé faute de données précises et croisées. Il faut donc poursuivre ce qui a été engagé pour permettre de réunir et d’interpréter les éléments recueillis par les forces de sécurité, de police et de gendarmerie et ceux des services de santé.
« Au-delà de la connaissance et du recensement a expliqué la Ministre, je souhaite que l’on travaille aussi sur le repérage de ces violences pour empêcher les décès et soustraire les enfants au danger. Un rapport de l’IGAS (Inspection Générale des Affaires Sociales) me sera prochainement rendu sur ce sujet et j’en examinerai avec attention les conclusions ».

Mieux soutenir les parents
Agnès Buzyn a insisté : la prévention passe aussi passe par le soutien à la parentalité.  « Je souhaite dans toutes les familles mieux soutenir les parents et les aider dans l’éducation de leurs enfants.  J’augmenterai sensiblement dès cette année les crédits dédiés au soutien à la parentalité dans le cadre de la politique familiale. ». En clair c’est une orientation que la Ministre souhaite voire dans la prochaine Convention d’Objectifs et de Gestion (COG) en cours de négociation avec la Cnaf. « Des crédits bien sûr mais surtout des actions » a-t-elle elle spécifié. Dans le cadre de ce soutien aux parents, que le nouveau carnet de santé jouera un rôle majeur dans le dialogue entre parents et professionnels.  

Pour une éducation sans violence
 « Je suis favorable à une éducation sans violence et donc à la proposition de loi déposée par Maud petit et François Michel Lambert » a déclaré Agnès Buzyn.  Plus tard, elle a précisé son soutien en expliquant : « L’enjeu, c'est d'interdire les châtiments corporels, nous avons déjà eu une réflexion au ministère en interne mais et je vais travailler avec les porteurs de la proposition de loi pour trouver une voie de passage et j’espère ainsi que nous pourrons rejoindre les grands pays européens qui, pour la majorité d'entre eux, ont publié des lois qui interdisent les violences faites aux enfants dans le cadre de la famille ». Rappelons qu’en principe cette proposition devrait être examinée à la mi-mai.

Après ce discours d’ouverture de la Ministre, un bilan de l’année 1 du plan interministériel 2017-2019 a été présenté puis la journée de travail s’est organisée autour d de table-rondes réunissant les meilleurs experts travaillant sur les violences faites aux enfants.

*Au cours de la première table ronde intitulée « comment améliorer la connaissance des violences faites aux enfants ? il a été précisé que 4 victimes sur 5 ayant subies des violences intra familiales sont âgées de 0 à 4 ans. Les victimes âgées de plus de 5 ans, ont subi des violences hors la famille.


 
Article rédigé par : C.L