Education bienveillante : être à l’écoute des tout-petits et de leurs émotions

Faber et Mazlish, des outils pour soigner le dialogue

Adele Faber et Elaine Mazlish ont décrypté nos différentes manières de communiquer avec les enfants. Pour les parents comme pour les pros, leurs outils sont de véritables clés pour apaiser et résoudre les conflits du quotidien, en accueillant les émotions avec bienveillance. 
dailogue- enfant -adulte
Dans les années 80, Adèle Faber et Elaine Mazlish, deux universitaires américaines et mères de famille de surcroit, ont développé une nouvelle approche de la communication entre adultes et enfants. Un regard bienveillant, basée sur l’écoute active, l’empathie, le respect mutuel pour mieux gérer les difficultés du quotidien... Inspirées par les groupes de parole de parents auxquels elles ont assisté pendant plus de dix ans, sous la houlette du Dr. Ginott, psychologue clinicien enseignant la communication bienveillante, elles expliquent dans leurs différents ouvrages devenus best-sellers* les outils mis au point, à grand renfort d’exemples concrets et de mises en situation. Une approche respectueuse à découvrir plus concrètement lors d’ateliers, largement répandus en France depuis une vingtaine d’années, à l’initiative du Dr Sophie Benkemoun.

Changer de regard sur l’enfant que l’on accueille    
Gérer les colères et conflits, se faire obéir sans crier, dénouer les stress, développer une solide estime de soi, encourager l’autonomie de l’enfant… Les parents tout comme les professionnels de la petite enfance rencontrent tous des difficultés en matière d’éducation. L’approche Faber et Mazlish propose des exercices et outils pour changer de regard sur l’enfant, mieux accueillir ses sentiments négatifs en utilisant les mots justes, trouver des alternatives à la punition, résoudre les conflits dans le calme et exprimer sa colère sans blesser… Des habiletés de comportement et de langage à mettre entre toutes les mains pour rompre le cercle vicieux d’un langage nocif. « La base de Faber et Mazlish, c’est accueillir l’enfant tel qu’il est, avec ses émotions, positives comme négatives. On se rend vite compte que cela nous amène à plus de tranquillité : se sentant respecté, il devient plus respectueux », explique Sophie Marie, formatrice chez Parents Plus.  

Vivre les émotions de l’enfant pour mieux les comprendre  
Alors concrètement ? « On n’explique pas l’approche Faber et Mazlish, on la fait vivre », explique Sophie Marie. Lors des ateliers proposés, on appuie là ou ça fait mal. Chacun est invité à se mettre en situation, dans la peau de l’enfant, pour prendre conscience des émotions qui l’animent dans telle ou telle situation. Voir ses émotions bafouées, subir l’ordre et la soumission, être puni, recevoir un compliment qui ne fait pas plaisir, être enfermé dans une étiquette, manquer d’autonomie… Une expérience à jamais marquante, mais parfois choquante ou culpabilisante pour les plus sensibles. Dans les ateliers que propose Sophie Marie, dans le cadre de la formation continue, les assistantes maternelles viennent chercher des conseils pour se faire obéir sans crier. Elles aborderont également les enjeux latents autour de la punition et de l’estime de soi. « La plupart ne connaissent pas encore le terme d’ « éducation bienveillante » mais sont en recherche d’un mode de fonctionnement plus apaisant, explique Sophie. Elles vont trouver du sens à faire évoluer leurs pratiques puisque cela va dans le sens de l’humain, et naturellement, elles en parleront aux parents. » Même avec les plus petits qui comprennent déjà tout sans même savoir parler, l’approche de Faber et Mazlish permettra de construire la relation différemment pour préparer le terrain en vue d’une communication meilleure avec l’enfant, par l’éclairage des neurosciences ou des travaux  de Catherine Gueguen  ou d’Isabelle Filliozat, pour comprendre comment se développe son cerveau, pourquoi l’enfant n’est pas encore capable de gérer ses émotions etc. Et pour beaucoup de professionnels de la petite enfance, se former à Faber et Mazlish c’est aussi apprendre à mieux gérer la relation avec leurs propres enfants et se trouver ainsi plus disponible d’esprit avec les enfants accueillis.

   
Pour en savoir plus
* « Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent », d’Adèle Faber et Elaine Mazlish, Aux ditions du phare.
Sophie Marie est formatrice en Gironde -  www.parentsplus.fr - 06 15 89 56 83
Pour trouver une animatrice Faber et Mazlish dans votre région :  https://auxeditionsduphare.com/rezoanimatrices/





 

Quelques habiletés du dialogue selon Faber et Mazlish

Complimenter, en décrivant ce que l’on voit et ce que l’on ressent au lieu d’évaluer, pour que l’enfant devienne plus conscient de ses propres forces et en tire profit. « Tu as fait un rond, un autre rond, des points, des traits… » plutôt que « quel beau dessin ! »
Encourager l’autonomie en offrant des choix, en respectant ses efforts et le laissant faire sans trop poser de questions ni le presser… « Ce n’est pas facile d’ouvrir ce pot. Peut-être qu’en tournant de l’autre coté... » plutôt que « donne-le-moi je vais t’aider… »
•  Remplacer la punition, préférer exprimer ses sentiments et ses attentes avec vigueur sans attaquer la personnalité de l’enfant, montrer comment redresser la situation, offrir un choix, passer à l’action... « Vous avez un problème vous voulez tous les deux utiliser ce vélo. Alors comment peut on faire ? »  plutôt que « descends et laisse lui ce vélo ! »
•  Susciter sa coopération en décrivant le problème, plutôt que de le faire obéir. « Le lait est renversé, il nous faut une éponge ! » plutôt que « vas vite chercher une éponge »
•  Aider l’enfant à gérer ses émotions en l’écoutant attentivement en silence ou en l’accueillant d’un mot « ah oui ? » ; en nommant les sentiments ressentis plutôt que de les nier « je vois que tu as de la peine » plutôt que « que s’est-il passé ? », en utilisant l’imaginaire pour le réconforter et lui donner ce qu’il ne peut avoir «si j’avais une baguette magique… »
 

Article rédigé par : Laurence Yéme
Modifié le 23 janvier 2017