Jeux d'enfants

 Jeux d’enfants : le choix de la mairie de Lille

qui a été introduit pour la première fois en France en 2014, à Lille. Mme le Maire et les Elus ont exprimé la volonté forte d’expérimenter ce programme pour différentes raisons. Le point avec Claude Haubold, directeur de la petite enfance de la ville de Lille et Valérie Fauvarque, coordinatrice petite enfance.
RAMi Premiers Pas
Approche d
Favoriser les chances de réussite dès le plus jeune âge : telle est l’ambition du programme « Jeux d’enfants ». Il s’agit d’un dispositif issu du projet  « Abécédarian », un programme d’intervention précoce destiné aux 0-5 ans. Mis en place aux Etats-Unis puis développé au Canada, il bénéficie de plus de 30 ans recherche. Dans la volonté d’agir contre les inégalités dès la petite enfance, la mairie de Lille a décidé de mettre en place ce dispositif sur 3 zones pilotes :
- Une Halte-Garderie municipale de 15 places, localisée à Lille Sud - La crèche municipale Centre, une crèche municipale de 40 places au centre ville - Auprès de 17assistantes maternelles fréquentant un relais assistantes maternelles associatif géré par Premiers Pas.

Pourquoi la mairie a t-elle choisi d’expérimenter ce programme en particulier ? Ce qui a séduit la mairie, ce sont   trois choses : 1- l’approche ludique et innovante du dispositif
2- le fait qu’il puisse être mis en place aux cotés d’autres pédagogies comme le « Parler Bambin », l’approche Loczy…
3- le fait qu’il bénéficie de 30 années de recherche. C’est un programme qui a donc pu être évalué et qui a montré son efficacité.
Il s’agit d’une volonté forte de la mairie de Lille de mette en place ce dispositif pour préparer les tout-petits aux défis des apprentissages grâce à cette méthode innovante, en complément des autres pédagogies présentes dans les structures. Et d’asseoir et de valoriser la qualité de la dimension éducative du très jeune enfant au sein des EAJE et des assistantes maternelles.

« Jeux d’enfants »  a été développé sur trois zones différentes, pourquoi celles-ci ?Les élus ont voulu expérimenter ce dispositif dans des structures de tailles différentes, dans des quartiers différents mais également lors d’accueils individuels. Car c’est aussi là toute la richesse de ce programme : il se prête à différents publics.

Quand les équipes ont-elles été formées ?La première formation a été  lancée en décembre 2014 avec un formateur venu spécialement du Québec. Mais après le bilan de la première année, il a été jugé nécessaire de poursuivre l’expérimentation une année supplémentaire.

Pourquoi ?Parce que « Jeux d’enfants » a été mis en place à des rythmes différents selon les structures. C’est toute la force de ce programme ! Ce n’est pas une méthode qui s’applique « comme ça et pas autrement ». Elle s’adapte au fonctionnement de l’équipe ET de la structure. Chaque établissement s’est donc approprié la méthode à son rythme. Cela nous a alors laissé le temps de bien former nos équipes. Et nous avons d’ailleurs réalisé que la première formation n’était pas suffisante. Nous en avons donc demandé une nouvelle en avril 2016, soit un an et demi après la première.

Qu’a t-elle apporté de plus ?On s’est vraiment basé sur nos besoins, on a insisté sur certains points plutôt que d’autres, et ça a concrètement permis la mise en pratique du dispositif. Nous avons par exemple dû revoir certaines terminologies dans le livret, remettre le tout en « Français », revoir des jeux que nous ne comprenions pas… Cela nous a pris un certain temps. On a tout détricoté pour tout retricoter ensemble. Et nous avons notamment insisté sur le lien avec le parent à la maison pour que le programme perdure au-delà des accueils. Parce l’intérêt du dispositif « Jeux d’enfants » réside aussi dans ça.

Le programme a t-il était adapté ?Non, le programme, il est tel qu’il est. Mais nous avons adapté la façon dont on peut le mettre en œuvre pour qu’il s’adapte à nos fonctionnements. C’est la richesse de ce dispositif qui permet ainsi aux professionnels de la petite enfance d’être acteurs de sa mise en œuvre et d’être force de proposition dans sa mise en place.

Quels sont les retours d’expérience ?Aucune évaluation  sur les enfants mais une évaluation  sur la mise en œuvre, et le niveau d’appropriation de la méthode. Le but était de savoir si ce dispositif pouvait être implémenté dans une structure d’accueil collectif. Et la réponse est « oui ».

Qu’en pensent les professionnels ?Les retours sont positifs. Dans les établissements, « Jeux d’enfant » renforce l’observation tout en respectant le rythme de chaque enfant. Ça a été un point essentiel pour nos structures. Quand les professionnels se sont appropriés le dispositif, ils voulaient à tout prix qu’il s’intègre dans leur projet pédagogique, basé en partie sur Lóczy, le jeu libre etc. Et ils ont pu voir que « Jeux d’enfants » permettait de respecter ça.
Ce qui est également important de souligner c’est la culture commune que cela nous a apportée. Nous avons construit une culture commune autour de l’observation. « Jeux d’enfant » a ainsi permis de fédérer nos équipes autour de projets communs.

La suite, c’est quoi ?Les Elus souhaitent essaimer ce dispositif dans d’autres structures à partir de 2018. A commencer par celles qui bénéficient du programme « Parler Bambin », que nous avons mis en place en 2011. Pour nous, cela fait sens puisque « Jeux d’enfants » s’inscrit dans la continuité de « Parler Bambin ». L’un stimule le langage, l’autre toutes les sphères de développement. Puis nous allons faire en sorte d’adresser ce dispositif aux familles qui en ont le plus besoin. C’est en tout cas une vraie piste de travail à la mairie. Enfin, nous souhaitons être labellisés pour pouvoir former nous-mêmes nos équipes à ce dispositif.



 
Article rédigé par : Laure Marchal
Modifié le 20 octobre 2017