Rubéole : une maladie devenue rare grâce à la vaccination

Encore très répandue en France il y a une trentaine d’années, la rubéole semble avoir quasiment déserté notre territoire grâce à une politique vaccinale renforcée. Devenue obligatoire en 2018, cette mesure préventive pratiquée chez tous les enfants à partir d’un an, représente le moyen le plus efficace de lutter contre la propagation du virus.
Rubéole : une infection virale au diagnostic délicat
Difficile de reconnaître la rubéole ! Chez près de la moitié des personnes atteintes, cette infection virale passe même inaperçue. Tout juste les malades ressentiront, peut-être, une fatigue passagère, quelques céphalées, une fièvre modérée (38,5 C) et des douleurs articulaires… Pas vraiment de quoi s’alarmer. Chez d’autres patients, les enfants notamment, les symptômes s’avèrent parfois plus flagrants : état légèrement fébrile et maux de tête s’accompagnant cette fois de nausées, de toux, voire d’une conjonctivite. Souvent, on observe le gonflement de certains ganglions lymphatiques, en particulier ceux du cou. Mais, en l’absence de sérologie, ce n’est qu’après quelques jours, si une éruption cutanée survient (dans 50 % à 80 % des cas), que le diagnostic peut être confirmé. De petites plaques roses font alors leur apparition. Elles envahissent d’abord le visage, descendent en 24 heures dans le cou, le tronc et les membres supérieurs pour disparaître ensuite, généralement au bout de trois jours.

Rubéole : une maladie contagieuse  au traitement symptomatique
S’il n’y a pas de complications (extrêmement rares), la rubéole ne nécessite pas l’éviction de la crèche. L’enfant est contagieux entre 7 jours avant l’éruption cutanée et 14 jours après. Attention, le virus se propage également en l’absence de symptômes particuliers. La transmission se fait par les sécrétions rhinopharyngées, aussi bien par contact direct que par des objets ou surfaces récemment souillées. Comme pour toute pathologie virale, le recours aux antibiotiques est inutile. En cas de fièvre modérée et si elle est bien supportée, il faut juste veiller à ne pas trop couvrir le petit et le faire boire régulièrement. En cas d’inconfort ou de douleurs articulaires (rares), on peut lui administrer du paracétamol en respectant la prescription.

Rubéole : une maladie redoutable pour la femme enceinte
Dès qu’un cas de rubéole est déclaré, les femmes en âge de procréer doivent être alertées. Car si la maladie est bénigne pour la plupart des jeunes enfants ou des adultes, elle se révèle dramatique chez la femme enceinte non immunisée. C’est au cours du premier trimestre de grossesse que l’infection cause le plus de dégâts. En atteignant le fœtus à travers le placenta, le virus peut provoquer sa mort ou une rubéole congénitale. Celle-ci est susceptible d’entraîner des malformations du système nerveux central, de l’œil, de l’oreille interne ainsi que de l’appareil cardiovasculaire du bébé à naître. D’où l’importance pour les professionnels en charge de la petite enfance de recevoir une dose de vaccin trivalent rougeole-oreillon-rubéole à titre systématique, même s'ils pensent avoir eu auparavant la rubéole. En outre, grâce à la politique d’éradication du virus mise en place dans notre pays sur les recommandations de l’OMS, la majorité des enfants sont désormais vaccinés en deux fois avant l’âge de 2 ans. Dès la première injection du vaccin combiné ROR à 12 mois, 95 à 100 % des petits sont protégés et protègent du même coup leurs ainés. Pour l’heure, il n’existe pas encore en France de système de surveillance de la rubéole en population générale, mais le réseau Renarub (composé d’environ 150 laboratoires privés et publics) recense les infections materno-fœtales. Ses observations sont rassurantes : entre 2013 et 2015, il a enregistré moins de 5 cas de rubéole congénitale par an sur l’ensemble du territoire

A ne pas confondre avec :
La rougeole
La roséole
La varicelle
Article rédigé par : Marie-Sophie Bazin avec le Dr Rémy Assathiany, Pédiatre
Publié le 17 février 2018
Mis à jour le 19 février 2018