Une semaine sans jouets à la crèche : quand « jeu » rime avec « peu »

Une semaine sans jouets (tout faits) à la crèche, est-ce possible ? C’est le défi que s’est lancé la crèche des Poupins à Preignac à l’occasion de la Semaine Européenne du Développement Durable. Les enfants accueillis ont eu tout le loisir de détourner objets du quotidien et éléments de récupération pour s’offrir de nouvelles occasions de jeu. Bilan très positif pour une première !
Lundi matin, 7h30, à Preignac, la crèche des Poupins du réseau Eponyme ouvre aux familles. Surprise ! Les jeux habituels des enfants ont laissé place à des objets d’un tout autre genre : cartons, boîtes de lait vides, bouchons colorés, tissus en pagaille, rondelles de bois, rouleaux papier, galets, noix, tourets… Voici les nouvelles sources d’inspiration de jeux proposés aux enfants pendant cinq jours !

Chaque année, dans le cadre de la Semaine Européenne du Développement Durable - qui avait lieu cette année du 30 mai au 5 juin -, la structure met en place un projet spécifique. Il est proposé par Anne-Laure Bouvier, éducatrice de jeunes enfants qui a rejoint l’équipe il y a 5 ans, aux côtés de la directrice Karen Saillan, EJE, et de la directrice adjointe, Pauline Godbille, inifrmière-péuricultrice. « J’avais déjà une forte sensibilité envers l’éco-citoyenneté, explique-t-elle, et j’impulse cette dynamique à notre quotidien auprès des enfants. » L’évènement s’inscrit parfaitement à la fois dans le projet initial de la crèche, et dans celui du groupe Eponyme qui se fonde sur le développement durable, la santé environnementale, la transition écologique.

Quand les objets du quotidien deviennent des jeux à part entière
Sensibilisée depuis plusieurs années à la santé environnementale, l’équipe regorge ainsi d’astuces pour recycler des objets usuels. Résultat, c’est un fantastique panel de supports de jeux « nature » que les petits ont eu à disposition ! Les éléments de récupération récoltés au fil des années ont été ressortis, par exemple les bouchons apportés régulièrement par les parents, les cartons de couches gardés par l’équipe, des boutons de vêtements…

Certains ateliers créés par les professionnels eux-mêmes à d’autres occasions ont repris vie tels des escargots sensoriels dessinés sur du bois en contreplaqué qui avaient servis dans le cadre d’un projet pour la Médiathèque de Podensac ; des plateaux d'inspiration Montessori, par exemple avec des pompons colorés ; un mur à base de bambous ; des coussins sensoriels…

D’autres merveilles ont vu le jour, comme le jeu du « à toi, à moi » dans lequel deux enfants tirent tour à tour une corde à travers une caisse, des fils à glisser dans des passoires, des lotos avec des photos de vrais fruits et légumes. Ou encore la cabane confectionnée par l’une des professionnelles à partir d’un gigantesque carton. « Tout le monde est mis à contribution, assure Anne-Laure, même nos maris ! L’un d’entre eux nous a monté une dinette à partir de palettes en bois. » Des projets bien sûr suivis avec une grande attention des professionnelles portée sur la sécurité des installations.

De nouvelles explorations pour les enfants
L’étonnement et la curiosité des premières heures laissent vite place au plaisir. Car comme le constate l’équipe, les enfants adorent s’approprier les objets du quotidien et regorgent d’imagination pour les transformer, les empiler, les emboîter, les encastrer, les trier… Les cartons deviennent cachettes, voitures, déguisements de robots, caddies ; les rouleaux de papier font de formidables jumelles ou porte-voix ; les tissus transforment les enfants en de véritables héros volants et permettent de chouettes cabanes…

Même phénomène à l’extérieur de la structure. Cette fois, les vélos et autres bolides roulants ont été remisés au garage. Les apprentis chercheurs ont alors profité pleinement de trésors naturels comme la terre, le sable, les copeaux, qui ont remplacé une partie du gazon synthétique du jardin. Et se sont créés des parcours moteurs avec les chaises extérieures, devenues des obstacles à enjamber ou des ponts sous lesquels passer.

Une aventure qui profite à tous
L’équipe dresse un bilan plus que positif de cette semaine qui a quand même bousculé leurs habitudes et leur a fait changer de décor. « Cela nous permet de nous renouveler, de développer notre créativité. On a de nouvelles interactions avec les enfants, de nouveaux types d'observation », souligne Anne-Laure.

Du côté des enfants, ce sont autant de moments prétextes à stimuler leur imagination, explorer, se concentrer, s’amuser, mais aussi à renforcer leurs liens. « Les enfants ont souvent leurs jeux de prédilection, et certains sont proposés en nombre limité, détaille-t-elle, par exemple nous n'avons que deux téléphones. Mais en détournant les objets du quoitidien, on met à disposition des enfants une grande quantité de matériel et de supports de jeux. On observe ainsi plus de coopération entre eux et beaucoup moins de frustration, et donc de conflits. »

La semaine a finalement touché à sa fin, mais l’équipe a promis, elle recommencera !
Article rédigé par : Armelle Bérard Bergery avec Pauline Godbille, infirmière-puéricultrice aux Poupins
Publié le 27 juin 2019
Mis à jour le 09 décembre 2019