“Le p’tit jardin” : une halte-garderie en semi-plein air

Située au coeur du 17e arrondissement de Paris, la halte-garderie “Le p’tit jardin” a une particularité : elle est en semi-plein air. Avec son immense jardin et sa structure en bois, elle offre aux enfants un fabuleux terrain d’éveil et de découvertes qu’ils sont libres de s’approprier.
Un concept insolite en France
La halte-garderie “Le p’tit jardin” a été créée il y a 20 ans par l’Association Générale des Familles (AGF) pour proposer aux parents d’accueillir leurs enfants le matin ou l’après-midi. L’établissement était alors plein air, composé uniquement d’une petite cabane et d’un jardin de 150m2. Reprise en 2011 par l’Union Départementale des Associations Familiales (UDAF) de Paris, la construction d’une grande structure en bois s’harmonise parfaitement avec le jardin permet un accueil mixte en semi-plein air. Ouverte de 8h45 à 18h, la halte-garderie d'une capacité maximale de 26 places permet à 10 enfants de rester toute la journée.
Un concept original puisqu’en France les structures d’accueil en semi-plein air sont très peu répandues. Pour Valérie Roy, la directrice, “c’est dommage car certaines structures possèdent des espaces extérieurs inexploités”.

Le jardin, une pièce de vie à part entière
Composé d’une partie pelouse et d’une partie gommée, l’espace extérieur permet aux enfants de manipuler des matières naturelles comme les feuilles d’arbres, la terre, l’herbe... L’équipe qui a construit le projet pédagogique autour des quatre saisons, propose des activités permettant aux petits d’exercer leur motricité fine et globale tout en développant d'autres fonctions cognitives. Pour Valérie Roy “Le jardin c’est comme une pièce à vivre. Chaque atelier réalisé à l’intérieur peut être transposé à l’extérieur”. Comme la pâte à modeler, l’argile ou la pâte à sel.

La journée est rythmée par un temps de regroupement le matin, suivi d’un “jardin d’éveil” d’une heure centré sur le développement des 5 sens. Le reste du temps les enfants sont libres de faire ce que bon leur semble : jouer dans les “coins” - dinette, poupée ou garage - ou faire un “jeu informel” seuls ou à plusieurs.
La structure en bois est constituée d’une salle de 75m2 permettant aux enfants de s’abriter et se mettre au chaud. C’est là tout l’avantage du semi-plein air : même lors de fortes intempéries - pluie, neige, froid -, la halte-garderie reste ouverte. Et grâce aux immenses baies vitrées les enfants sont toujours connectés avec l’extérieur : “Cet hiver ils étaient fascinés par la neige et ne demandaient qu’à retourner dehors”.

Une liberté bénéfique à toutes les sphères de leur développement
Ainsi pendant l’année, les tout-petits passent environ 80% de leur temps d’accueil dehors. Une idée qui inquiète parfois les nouveaux parents qui ont peur que leur enfant attrape froid ou se blesse plus facilement qu’à l’intérieur. Comme l’explique Valérie Roy, en France on prône encore beaucoup le risque zéro, “mais il n’y a pas plus de risques dehors, c’est une idée préconçue”. Au fur et à mesure les parents comprennent à quel point l’extérieur a un effet positif sur le développement de la motricité fine et globale de leur enfant : il gagne en agilité, en équilibre et même en assurance en osant plus de choses, comme faire de la trottinette seul par exemple. Laisser expérimenter l’enfant est important pour l’équipe et ça n'engendre pas plus d’accidents - la directrice assure qu’en 8 ans il n’y en a eu que deux impliquant des points de suture.

Le fait que le jardin soit un espace décloisonné libère l’enfant : s’il veut exercer sa motricité globale toute la matinée à côté d’un groupe d’enfants qui écoute une histoire, ça ne gêne personne. “A l’intérieur on a tendance à limiter ses besoins”. En effet, plus l’espace de vie est restreint, plus les plannings sont serrés. La grande flexibilité dans l’organisation de l’extérieur favorise la concentration de l’enfant et limite sa nervosité.
Dehors, les petits peuvent également exprimer plus facilement leurs émotions. Ce n’est pas comme dans une pièce où le son rebondit sur les murs. “Nous n’avons pas la même perception du bruit dehors. On laissera plus facilement les enfants crier, rire ou courir que dedans”. Une liberté grâce à laquelle ils développent leur imaginaire au maximum.

Le concept du semi-plein air apporte aussi une identité écologique aux tout-petits. Selon Valérie Roy, c’est un bagage essentiel dans un monde où l’on oublie souvent la nature et l’écologie. “C’est comme s’ils entraient en communion avec la nature : sentir les feuilles, mettre la main dans une flaque”. Tout leur champ sensoriel s’élargit.
Article rédigé par : Julia Dumoulin
Publié le 03 août 2018
Mis à jour le 07 octobre 2018
et comment les enfants passent de dedans a dehors avec les mêmes chaussons ? un adulte est constamment à l'extérieur ? et quel âges ont les enfants ? merci pour répondre a mes interrogations, nous passons beaucoup de temps dehors mais c'est tout le monde qui sort ou un petit groupe avec un ou deux adultes qui surveillent ,