La réponse de la FNEJE à Marlène Schiappa

L'annonce faite par Marlène Schiappa, Secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes, de la création d'un dispositif de Validation des Acquis de l'Expérience (VAE) des jeunes parents a suscité tout de suite de vives réactions. L'une des premières est celle de la Fédération Nationale des Educateurs de Jeunes Enfants (FNEJE), par la voix de sa présidente Julie Marty Pichon, qui publie une tribune sous forme de lettre ouverte.

« Madame la Secrétaire d’Etat en charge de l’égalité femmes-hommes,

Nous apprenons ce jeudi 20 juillet que lors d’une audition à l’assemblée nationale vous envisagez le fait de valider l’expérience de parent et particulièrement celle des mères au foyer par l’obtention du “CAP Petite Enfance” qui est devenu “CAP accompagnant éducatif petite enfance” ou d’un “Brevet d’Etat d'éducatrice de jeunes enfants”, brevet qui n’existe pas.
Vous comprendrez alors notre indignation quant à cette annonce qui vient une fois de plus démontrer l’ignorance des enjeux de l’accompagnement des jeunes enfants et de leur familles dans notre société. (...) Les jeunes enfants sont des personnes dites fragiles et vulnérables qui vont développer des compétences extraordinaires pendant toute leur petite enfance et qui ont besoin à ce titre et, lorsqu’ils sont confiés à des tiers autres que les parents, de personnes formé(e)s pour les accompagner dans leur développement psycho-affectif, moteur et sensoriel. (...) Professionnel(le)s de la petite enfance est un métier qui s’apprend. Auxiliaires de puériculture, infirmière-puéricultrice, psychologues, psychomotriciens, Éducateurs de Jeunes Enfants,accompagnent les enfants et leurs parents dans la construction de leur lien familial, participent à l’éveil culturel du tout-petit, à son épanouissement, à sa sécurité affective, et l’accompagnent à devenir le citoyen de demain. (...)
Tout cela Madame la secrétaire d’Etat demande formation, compétences, remise en question permanente, croisement des regards, analyse de la pratique professionnelle. (...)
 
D’autre part, vous partez du constat que de nombreuses femmes se trouvent dans des situations de précarité  économique et sociale dans les zones rurales ou les banlieues pour invoquer le fait de valoriser leur expérience de “maman” en diplôme. (...) La réalité est que beaucoup de femmes qui sont à temps partiel ou qui sont “maman au foyer” et notamment dans  ces zones, sont dans des situations subies. (...) Ce sont les femmes qui encore en France, à 80%, s’occupent des tâches domestiques dont  l’éducation des enfants. (...)
 
Madame la secrétaire d’Etat, l’accueil des jeunes enfants et leur accompagnement tel que préconisé dans le rapport de Sylviane GIAMPINO ainsi que la condition des femmes sont des enjeux majeurs pour notre société. L’égalité femmes-hommes c’est faire en sorte que chacun quel que soit son sexe puisse faire ses choix de façon libre, pour cela nous avons besoin d’une politique ambitieuse.
»

Rappelons le combat mené par la FNEJE pour la revalorisation du diplôme d'Educateur de Jeunes Enfants : dans le cadre de sa réingénierie, elle a déjà obtenu qu'il passerait d'un diplôme de niveau III à un niveau II. A n'en pas douter, cette proposition de Marlène Schiappa sera abordée lors des échanges de la FNEJE avec la ministre de la Santé Agnès Buzyn prévus en septembre...

Consulter la lettre dans son intégralité : à télécharger sur le site de la FNEJE
Article rédigé par : A.B.B.
Publié le 21 juillet 2017
Mis à jour le 03 novembre 2017