Réforme des modes d’accueil : zoom sur la mobilisation du 3 décembre

Jeudi 3 décembre, les professionnels de la petite enfance - essentiellement ceux de l’accueil collectif- mécontents de la réforme des modes d’accueil actée par Adrien Taquet, la semaine dernière, exprimeront leur désaccord. Ils craignent notamment que nombre de mesures ne compromettent « la qualité d’accueil ».

Grève, rassemblements, envoi de photos : mobilisation  dans les crèches
Suite à l’annonce des mesures de la réforme des modes d’accueil par le Secrétaire d’État à l’Enfance et aux Familles, Adrien Taquet, plusieurs syndicats la CFDT,  la FSU et la CGT,  appellent à la grève dans les crèches. Date à laquelle le Collectif Pas de bébés à la consigne appelle aussi les professionnels de la petite enfance se manifester notamment par un envoi massif de mails et photos au Secrétaire d’État à l’Enfance et aux Familles, Adrien Taquet.
Si la mobilisation autour de la réforme est partagée par nombre d’organismes et syndicats, une certaine cacophonie règne un peu. Les tracts et analyses n’étant pas tous en phase … et tous pourtant son membre de Pas de bébés à la Consigne. « C’est le propre d’un Collectif … il y a des convergences sur un socle de base puis des approches différentes sur certains points. Tant sur la méthode que sur le fond. Ainsi, au départ Le Collectif appelait à des actions plutôt légères (le fameux click and collect adressé à Adrien Taquet), mais sous la pression des pros de terrain, il est désormais très souple et ouvert. La mobilisation peut prendre d’autres formes et sera soutenue par le Collectif : grèves, rassemblements locaux comme celui prévu à Paris devant le Ministère des Solidarités et de la Santé . Et quant au fond, chacun son style, certains syndicats grossissent le trait n' hésitant pas à tordre un peu la réalité des propositions, mais l’essentiel c’est ce qui unit tout le monde : la qualité d’accueil qui pourrait être compromise.

Des avancées dans certains domaines
Le Syndicat National des Professionnels de la Petite Enfance (SNPPE), membre de Pas de bébés à la consigne, dans un communiqué publié le 27 novembre, résume les griefs que certains pros de terrain nourrissent vis-à-vis de cette réforme et des derniers arbitrages du Secrétaire d’État à l’Enfance et aux Famille.
Si le tout jeune syndicat prend acte des « avancées indéniables dans certains domaines tels la médecine du travail pour les assistants maternels ; la simplification concernant l’administration des médicaments et la mise en avant de la Charte d'accueil et référentiel bâtimentaire national », il souligne que d’autres mesures « menacent gravement la qualité d’accueil des tout-jeunes enfants ».

Les mesures qui, selon le SNPPE, menacent la qualité d’accueil
Le SPPE dénonce la possibilité de réduire le nombre de m² par enfant dans les zones dites tendues. Il « veut que soit garanti une surface intérieure de 7m² minimum par enfant dans les modes d’accueil partout en France et un accès quotidien à un espace extérieur ».
Il demande aussi la suppression de la possibilité à titre dérogatoire (et pour favoriser l’accueil en horaires atypiques) qu’un seul professionnel puisse être avec 3 enfants avant 8h et après 18h.
La réforme prévoit qu’un EJE puisse diriger un EAJE quel que soit sa taille et dès sa première année d’exercice professionnel, le SPPE « exige que la direction des EAJE soit assurée par des diplômés dans le champ de la petite enfance, à minima de niveau Bac +3, avec minimum 3 ans d’expérience et ayant une formation en direction de structure ».
Il s’oppose aussi au fait que les assistants maternels puissent accueillir jusqu’à 6 enfants dont 4 âgés de moins de trois ans. Enfin, comme Pas de bébés à la consigne, il souhaite que le taux d’encadrement dans les structures « évolue à un professionnel pour 5 enfants quel que soit l’âge ».
Sur la possibilité d’administrer des médicaments, le syndicat ne comprend pas pourquoi cette mesure a été ouverte « aux médicaments sans ordonnance ». « Comment s’assurer de la bonne indication des traitements et identifier ceux relevant d’une ordonnance obligatoire de ceux accessibles librement » note-t-il.
Sur le ratio 60%/40% de personnels qualifiés et diplômés, le SNPPE rappelle qu’il souhaite 100% de personnels qualifiés auprès des enfants. « Il faut cesser dit-il avec cette catégorisation qui crée des sous-professionnels ». (Ndlr : seuls les EJE, puéricultrices et auxiliaires de puériculture sont des personnels diplômés. Les titulaires d’un CAP.AEPE par exemple ne le sont pas). A noter que Pas de bébés à la Consigne lui, demande de revenir à un ratio de 50%/50%. Et que le Collectif craint que les « apprentis » puissent rentrer dans ses quotas.

Des regrets et un appel à rejoindre la mobilisation du 3 décembre
Enfin, le SNPPE dans son communiqué égrène une série de regrets concernant la réforme qui ne reprend pas les préconisations ni du rapport des 1000 premiers jours, ni du rapport Giampino et conclut : « Non à ces mesures indignes des jeunes enfants qui vont à l’encontre de toutes les recommandations de ce que nous savons des spécificités de leur développement ». Et dès lors reprend l’appel du Collectif Pas de bébés à la consigne : « Tous ensemble luttons et manifestons le 3 décembre ».

Voir le communiqué de l'intersyndicale.
Voir le communiqué de Pas de bébés à la consigne.
Voir notre article : Réforme des modes d’accueil : vive inquiétude chez les assistantes maternelles.
Article rédigé par : C.L
Publié le 30 novembre 2020
Mis à jour le 02 décembre 2020

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