Repérer et éviter les douces violences

dans l’anodin du quotidien

Repérer et éviter les douces violences
Christine Schuhl, éducatrice de jeunes enfants, formatrice et rédactrice en chef des Métiers de la Petite Enfance, est une professionnelle très engagée contre ce qu’elle appelle « les douces violences ». Après ses livres Vivre en crèche - Remédier aux douces violences et Remédier aux douces violences - outils et expériences en petite enfance, elle consacre un troisième ouvrage au sujet. Elle choisit cette fois-ci de le traiter dans sa globalité en établissant une sorte d’état des lieux de toutes les douces violences qu’on peut subir – ou exercer – à tout âge.

Présenté sous forme de bande dessinée composée de 5 chapitres, ce livre raconte la vie d’une fille, de ses premiers mois dans le ventre de sa mère à ses derniers jours en maison de retraite. Chaque page illustre une scène de douce violence, accompagné d’un décryptage de la situation. Le médecin pressé et jugeant avec ses futurs parents, la professionnelle petite enfance qui l’oblige à faire de la peinture, sa mère qui s’impatiente en attendant qu’elle veuille aller sur le pot, l’enseignante qui la met au coin, le prof de sport qui humilie son frère, son père qui regarde des images violentes à la télé avec eux… Puis les douces violences qu’elle rencontre à l’adolescence, l’âge adulte, le grand âge…

Autant d’exemples que l’on peut observer quotidiennement autour de nous ou dans nos propres pratiques. Qui peuvent paraître banales, anodines. Qui sont parfois même contraires à ce que leur auteur souhaite. Et qui pourtant ont une réelle incidence sur la personne qui les subit. Ce livre est donc l’occasion pour Christine Schul l’occasion d’interpeller (sans jugement!) le lecteur - parents, professionnels, amis de parents, grand-parents, voisins… - sur les risques des jugements infondés, des paroles inadaptées, des gestes incertains. Des attitudes souvent adoptées sans réfléchir quand le manque de temps, l’exigence de résultat et le jugement des autres prennent le dessus sur l’empathie et la disponibilité d’une rencontre avec l’autre.

Une problématique très importante dans notre société car dit Christine Schuhl, « n’y a-t-il pas urgence à regarder ces "égratignures générationnelles" ? Ignorées, banalisées, ces douces violences risquent de fragiliser l’estime et la confiance envers soi et les autres ».
12,70
Article rédigé par : Armelle Bérard Bergery
Publié le 20 août 2018
Mis à jour le 20 août 2018