Violences éducatives ordinaires : une nouvelle campagne de sensibilisation et de prévention qui donne des outils

A l’occasion de la Journée internationale de la non-violence éducative qui aura lieu le 30 avril prochain, l’association Stop VEO - Enfance sans violences lance aujourd’hui, lundi 15 avril, une nouvelle campagne de sensibilisation et de prévention intitulée : « Les violences éducatives, c’est grave Docteur ? ».
Pour rappel, les violences éducatives ordinaires (VEO) correspondent à l’ensemble des pratiques éducatives violentes et tolérées voire encouragées, dans l’intention de « bien élever l’enfant ». Il peut s’agir de violences physiques (fessées, claques, pincements, tirages d’oreille…), verbales (insultes, menaces, cris…) ou psychologiques (retrait d’affection, humiliations…). Aujourd’hui 85% des parents reconnaissent avoir recours à la fessée sur leur enfant, dont la moitié avant l’âge de 2 ans et les trois quarts avant l’âge de 5 ans.

Une affiche pour en parler et des flyers pour s’informer
L’association Stop VEO - Enfances sans violences, fondée par Céline Quelen pour lutter contre les (VEO), travaillait depuis un moment sur le contenu de cette nouvelle campagne. Elle a ainsi créé un « kit » de sensibilisation des familles aux VEO, avec notamment le Dr Catherine Gueguen, pédiatre spécialiste des neurosciences affectives et sociales, et le Dr Gilles Lazimi, coordinateur des campagnes contre les VEO.  L’outil, qui sera mis à disposition des familles chez les professionnels de santé et du secteur médico-social, se compose de deux éléments. D’une part une affiche où il est écrit « Fessées, menaces, cris … et si on parlait ? » invite le parent à se questionner et à interroger le professionnel chez qui il découvre le message. D’autre part 20 dépliants en libre service informent les parents des conséquences néfastes des VEO sur la santé et le développement des enfants, avec les dernières recherches en neurosciences, des témoignages… Et proposent des pistes pour éduquer autrement : comment renforcer les capacités d’estime de soi et d’empathie des enfants.

    

Cet outil est proposé par Stop VEO - Enfance sans violences aux professionnels de santé, directement ou en partenariat avec des villes ou des collectivités locales. L’association a déjà noué un partenariat avec Romainvilles (93) et Gennevilliers (92) - une quinzaine d’autres communes et conseils départementaux ont fait part également de leur intérêt pour l’outil. 50 000 flyers et 2 000 affiches ont été imprimés pour être diffusés dès aujourd’hui. Ils seront déployés au niveau national dans le courant de l’année.

Des outils en parallèle de la proposition de loi contre les VEO
Ces kits viennent renforcer la mobilisation contre les VEO, déjà engagée par le Plan interministériel de 2017 pour lutter contre les violences faites aux enfants, le « Livret des parents » adressé aux parents au cours du cinquième mois de grossesse dont un paragraphe est consacée à la nocivité des punitions corporelles et humiliations … sans compter la Convention Internationale des Droits de l’Enfant de 1989. Et vient dans le même temps appuyer la proposition de loi contre les VEO déposée par les députés Maud Petit et François-Michel Lambert et adoptée en première lecture à l’Assemblée nationale en novembre dernier. Les défenseurs de la proposition de loi attendent toujours son inscription par le Sénat à son agenda.


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Article rédigé par : A.B.B.
Publié le 15 avril 2019
Mis à jour le 15 avril 2019