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7 précautions pour protéger les enfants pendant la canicule

Quand le mercure affiche 37°C voire plus, la chaleur devient rapidement pénible, voire même dangereuse, pour les nourrissons et les jeunes enfants. Le coup de chaleur et la déshydratation qui les guettent peuvent avoir de redoutables conséquences. Mais quelques précautions faciles à adopter permettent aux assistantes maternelles et aux personnels de crèche de passer le cap. Le point avec Karine Valmelette, infirmière-puéricultrice directrice de la Maison de la petite enfance à Carqueiranne (Var).
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bébé hamac
1.    Renseignez-vous sur les conditions climatiques
La canicule n’arrive pas sans prévenir, heureusement. Depuis 2004, un Plan National Canicule permet d’anticiper les hausses de mercure avec notamment une meilleure information du public. Sur le site de Météo France, vous trouverez quatre niveaux d’alerte : vert, jaune, orange et rouge. Vert tout va bien ; jaune, ça chauffe mais dans des limites raisonnables ; orange, attention, ça devient préoccupant pour les personnes vulnérables, notamment les bébés et les jeunes enfants ; rouge, on ne vous fait pas de dessin… Vous pouvez trouver aussi des informations complémentaires sur le site du Ministère de la Santé ou de l’Agence Régionale de Santé (ARS) dont votre département dépend. Suivre la courbe des alertes permet d’anticiper quelques jours avant l’alerte jaune afin de mieux contrôler la température ambiante de votre intérieur (lire ci-après) et d’organiser votre semaine d’activités avec les enfants de manière judicieuse. Panne d’internet ? Appelez la mairie qui pourra vous renseigner sur le niveau d’alerte. Par ailleurs, sachez que certaines PMI fournissent des informations spécifiques pour la petite enfance.

2.    Rafraîchissez votre intérieur
Aérez plutôt votre maison très tôt le matin et tard le soir, aux heures les plus fraîches. Dès que la température extérieure avoisine celle de l’intérieur, fermez les volets et les fenêtres pour empêcher la chaleur d’entrer. Créez des courants d’air si une petite brise est perceptible. « Vous pouvez aussi suspendre à vos fenêtres un drap mouillé qui rafraîchira l’atmosphère ou installer une couverture de survie », explique Karine Valmelette. Le ventilateur peut être d’une aide appréciable, à condition qu’il ne soit pas posé trop près des enfants ni orienté dans leur direction, car les pales ventilent aussi de la poussière. « Attention à l’effet de leurre, alerte Karine Valmelette. Le ventilateur rafraîchit mais n’hydrate pas. On peut penser que l’enfant n’est pas en manque d’eau parce qu’il y a un effet fraîcheur grâce au ventilateur alors qu’il est en train de se déshydrater. » Quant à la climatisation, si vous en disposez, la différence de température entre l’extérieur et l’intérieur ne doit pas excéder de six à huit degrés (de même dans la voiture !), au risque de provoquer un choc thermique chez les enfants. Enfin, pensez aussi qu’au niveau du sol il fait plus frais qu’à 1,50m ! « Mesurez la température à dix centimètres du sol pour bien estimer le niveau de chaleur auquel sont exposés les enfants et ne pas leur proposer un rafraîchissement plus important que nécessaire », conseille notre experte. Habillez-les léger, un body (pensez à demander du change aux parents) suffit souvent, même pendant la sieste (surtout pas de drap humide sur l’enfant pendant son sommeil, utilisez plutôt un brumisateur pour le rafraîchir régulièrement s’il semble avoir chaud pendant son sommeil).

3.    Observez l’état des couches
Un enfant qui se déshydrate mouille moins ses couches et son urine est plus concentrée, donc plus colorée. « Il faut être très fin dans son observation : au palpé, on peut sentir si le contenu de la couche est suffisant ou pas, souligne notre experte. L’urine doit être assez abondante, assez fréquente et de couleur claire. »

4.    Proposez à boire le plus souvent possible
Au biberon, au verre, à la tasse, à la cuillère… peu importe les moyens, seul compte le résultat. Quand la température monte, les réserves hydriques corporelles des tout-petits s’assèchent bien plus vite que celles des adultes. Il faut donc les renouveler aussi souvent que possible en leur proposant de l’eau plusieurs fois par heure. « Les enfants étant très friands de modèles, il ne faut pas hésiter à boire vous-même en même temps qu’eux, ils auront spontanément envie de vous imiter », conseille Karine Valmelette. La déshydratation s’accompagne de symptômes comportementaux à surveiller : « Tout état d’abattement inhabituel, tout changement dans le comportement de l’enfant doit interpeller le professionnel sans attendre le symptôme d’urgence du pli de la peau qui reste surélevée en monticule après pincement entre deux doigts », précise-t-elle. Avant que l’enfant ne montre des signes de déshydratation, il faut lui donner à boire, l’installer au frais, lui donner un bain pour le rafraîchir. « Mais attention, un bain, comme une brumisation avec un spray ou un vaporisateur ne remplace pas le verre d’eau ! La brumisation rafraîchit, apaise, mais n’hydrate pas ! Un enfant en risque de déshydratation a avant tout besoin de boire », rappelle notre intervenante.

5.    Organisez des jeux d’eau
Un bain à la température du corps, pourquoi pas ? Ce sont des moments de jeu dont tous les enfants sont friands et qui peuvent facilement être organisés à l’intérieur. Ces jeux d’eau peuvent être proposés plusieurs fois dans la journée, sans restriction mais cela demande de l’organisation, surtout si vous gardez des enfants d’âges différents. « Il ne faut jamais laisser un jeune enfant seul dans l’eau, même une minute pour aller lever le bébé qui pleure ou pour changer une couche car un enfant peut se noyer dans 20 centimètres d’eau », rappelle notre experte. Vous pouvez aussi, si vous avez un jardin, installer un tuyau percé de tout petits trous : cela amuse beaucoup les enfants qui courent autour et contribuera à les rafraîchir.

6.    Protégez corps et yeux  
En règle générale, par temps de canicule, mieux vaut éviter les sorties et laisser les enfants au frais. Mais, si vous avez un jardin, ou pensez que la température extérieure, bien qu’élevée, permet une petite détente au square proche de chez vous, pensez à protéger les enfants des UV et de la réverbération. Des lunettes sont indispensables car la visière de la casquette n’est pas une protection suffisante en cas de forte réverbération. Demandez aux parents de vous en fournir, ainsi qu’une crème solaire de leur choix, adaptée à l’âge de leur enfantet n'exposez pas leur peau au soleil, il faut garder un vêtement. Pensez à emporter un brumisateur. Et bien entendu, proposez-leur à boire aussi souvent qu’à la maison si ce n’est plus. Attention aux parasols : toutes les toiles ne sont pas anti-UV. Leur protection est donc très relative et ne doit pas dispenser du port de lunettes et de crème solaire. Pour protéger l’enfant, ne posez jamais un lange sur la capote pour occulter l’ouverture de la poussette. Cette protection est non seulement inefficace car les UV traversent les mailles du lange, mais cela a pour effet d’empêcher le passage de l’air et la température, sous la capote, atteint vite des niveaux insupportables pour l’enfant. Cette pratique, courante hélas, est dangereuse. Equipez-vous plutôt d’une ombrelle orientable pour poussette, à tissu anti-UV. En règle générale les sorties si elles se font doivent se faire tôt le matin ou en toute fin de journée.

7.    Limitez les sorties en voiture au minimum
A moins de pouvoir garer votre voiture à l’ombre, de pouvoir la faire démarrer par un tiers pendant dix minutes avec la climatisation pour rafraîchir l’habitacle avant d’y installer les enfants, votre voiture sera inutilisable par temps de canicule. Tant pis pour les activités au RAM ou à la bibliothèque. Restez plutôt chez vous avec les enfants, leurs parents ne vous en tiendront pas rigueur !

Ce que dit le Plan National Canicule 2017 pour les EAJE

« Dans les établissements d’accueil, avant l’été, il convient, d'une  part, que le service départemental de Protection Maternelle et Infantile (PMI) vérifie si un aménagement spécifique d’une  pièce plus fraîche est envisageable et si les dispositifs et les matériels (stores, volets, systèmes de  rafraîchissement, réfrigérateur, congélateur...) fonctionnent et d’autre part, que les  professionnels soient sensibilisés aux mesures de prévention et à la détection des signes cliniques d’alerte d’une exposition à la chaleur. »

Article rédigé par : Mireille Legait
Modifié le 30 août 2017