7 questions sur le titre « assistant maternel / garde d’enfants »

Pas de diplôme pour les assistants maternels. Juste une formation initiale de 120h obligatoire et un agrément délivré par le Conseil départemental via leur PMI. On le sait, le CAP accompagnant éducatif petite enfance (AEPE ex PE) n’est pas nécessaire, même si les professionnels sont de plus en plus nombreux à le passer. Néanmoins, il y a une dizaine d’années, la profession via ses représentants et les représentants des employeurs s’est organisée pour créer une formation qualifiante spécifique et un titre d’assistant maternel / garde d’enfants. A quoi correspond vraiment cette certification ? Est-ce un plus ? Le point en 7 questions / réponses.
iStock
Femme avec petite fille dans les bras
1. Quelle est la différence entre titre et diplôme ?
Un diplôme est délivré par un ministère. Le CAP l’est par le ministère de l’Éducation nationale, et les diplômes d’état de puéricultrice ou d’auxiliaire de puériculture par exemple, par celui de la Santé. Un titre lui est délivré par une branche professionnelle. Le titre assistant maternel / garde d’enfants l’est par la Branche des Assistants maternels du particulier employeur. Donc le titre n’est pas un diplôme mais a valeur de diplôme - en l’occurrence de niveau V comme le CAP AEPE à partir du moment où il est inscrit au Registre National des Certifications Professionnelles (RNCP). Néanmoins s’il bénéficie de cette reconnaissance nationale, il n’a de valeur que dans la Branche professionnelle dont il est issu. Ainsi un titulaire du titre ne pourra pas postuler dans une crèche comme un titulaire de CAP AEPE. En revanche, il pourra avoir une équivalence avec tout autre titre de la Branche comme par exemple celui d'Assistant de Vie.

2. A quoi correspond exactement la certification Assistant maternel / garde d’enfants ?
Ce titre a été créé en 2009 par la Branche des Assistants maternels du particulier employeur. C’est avant tout un titre à finalité professionnelle et une première étape pour rentrer dans la filière petite enfance. En effet, la formation est accessible à des personnes non qualifiées, sans prérequis trop exigeants.

3. Est-ce qu’il se substitue à la formation initiale obligatoire de 120h et ouvre droit à une demande d’agrément ?
Non, le titre est complémentaire aux formations mises en place par les Conseils Départementaux (CD). Mais ne s’y substitue en aucun cas. Seules, les formations des CD peuvent permettre de présenter une demande d’agrément. Les formations pour le titre peuvent débuter avant ou après la formation obligatoire, avant ou après l’obtention de l’agrément.

4. Dès 2019, le titre permettra d’être dispensé d’une partie de la formation obligatoire ?
En effet. Les nouveaux textes (décret et arrêtés) sur la formation professionnelle des assistants maternels, prévoient une dispense des modules de formation des blocs 1 (les besoins fondamentaux de l’enfant) et 2 (les spécificités du métier d’assistant maternel). Au même titre que les titulaires du CAP PE ou AEPE. A noter : c’est le régime maximal de dispense.

5. Comment s’organise la formation ?
C’est une formation de 571h dont 406h de formation théorique organisée en 7 blocs (comportant de 2 à 5 modules soit de 36h à 107h de formation) et donnant lieu à 7 évaluations et à 7 certificats. L’ensemble de ces certificats obtenus, un examen oral final évaluant des compétences transversales devant un jury professionnel permet l’obtention du titre. Ce système de certificats correspondant à des blocs différents permet au professionnel d’étaler sa formation dans le temps. A cette formation théorique s’ajoutent 105 heures de stages s’effectuant soit en collectivité soit auprès d’un assistant maternel / garde d’enfant ayant déjà obtenu le titre.

6. Sur quoi porte la formation ?
Comme le CAP AEP, le titre assistant maternel / garde d’enfants permet d’acquérir de solides connaissances sur le développement de l’enfant, les soins et les activités d’éveil. Mais très pragmatique, il propose aussi d’acquérir des compétences adaptées aux situations professionnelles rencontrées par les assistantes maternelles. La formation tient compte de la spécificité du métier : il prend en compte que l’assistant maternel crée son activité, doit rechercher des contrats et donc lui donne des outils pour faire face à toutes ces démarches. Il va l’aider à la recherche d’activité, la gestion de ses plannings, etc. N’oublions pas, une assistante maternelle peut avoir jusqu’à 6 ou 7 employeurs parfois. Elle sera aussi formée aux usages du numérique. L’ idée est vraiment d’apporter des outils concrets de gestion des situation : la sécurité, l’aménagement des locaux, la prévention des accidents domestiques, les déplacements et activités hors du domicile, etc. Et nouveauté, dès le printemps prochain, 3 blocs supplémentaires seront proposés aux titulaires du titre (ou pas) pour une spécialisation sur l’accueil d’enfants en situation de handicap.

7. Comment est financée la formation ?
Pour le moment, le titre se prépare en formation continue. La formation est financée par la formation professionnelle continue des du particulier employeur via les ex OPCA ( Organismes Paritaires Collecteurs Agréés) et futurs OPCO (Opérateurs de Compétences). Les demandeurs d’emploi peuvent aussi faire financer la formation. A partir de janvier elle pourra l’être grâce au Compte Personnel de Formation ( CPF) de 120 h par an. En fonction du nombre d’heures acquises, il y a un budget correspondant.


Merci à Michel Fourmeaux
Directeur de l'ingénierie des Métiers et des Compétences d'Ipéria institut

Iperia institut, organisme certificateur

Iperia institut, est l'organisme certificateur du titre "assistant maternel /garde d'enfants. Il est celui aussi qui labellise les formations décidées par la Branche des assistants maternels du particulier employeur. Toutes les informations concernant les formations accessibles aux assistans maternels et financées par des organismes de la Branche se trouvent sur le site internet d'Ipéria. Par ailleurs, une plateforme téléphonique avec un numéro indigo (0825.077.078) répond à toute question sur la formation continue de ces professionnelles.

Article rédigé par : Catherine Lelièvre
Publié le 28 novembre 2018
Mis à jour le 04 décembre 2018