Adrien Taquet a dévoilé sa feuille de route devant le HCFEA

Adrien Taquet, secrétaire d’État à l’Enfance et aux Familles, a prononcé cet après-midi mardi 12 janvier, son discours de rentrée devant le Haut Conseil de la famille, de l'enfance et de l'âge (HCFEA). Un discours à la fois bilan et programme qui propose une feuille de route ambitieuse pour fin du quinquennat d’Emmanuel Macron. Avec à la clef des annonces fortes pour les familles et les professionnels de l’accueil du jeune enfant et du soutien à la parentalité : charte nationale du soutien à la parentilité, comité de filières "petite enfance" et nouvelles aides pour les gestionnaires de crèches. Revue de détails.
Un périmètre élargi qui donne de la cohérence à son action
En toute logique, Adrien Taquet a réservé aux membres du HCFEA réuni en séance plénière sous la présidence de Sylviane Giampino, son premier grand discours devant donner la doctrine de son action depuis que le périmètre de son secrétariat d’État a été élargi à la Famille.
« Je suis le premier ministre à être chargé simultanément et expressément de l’Enfance et des Familles et je souhaite profiter de cette prise de parole pour expliquer quel sens j’y vois et ainsi vous présenter la clef d’entrée qui est la mienne dans cette responsabilité. (...) Je veux être le ministre de l’Enfance et donc des Familles » a-t-il souligné. Et d’expliquer qu’il s’agit de « faire en sorte qu’au jour de leur dix-huitième anniversaire, quand nos enfants cessent d’être légalement des enfants, nous ayons, en tant que collectivité, fait tout ce qui était en notre pouvoir pour donner à chacun d’entre eux les mêmes chances ».

Prévenir, accompagner, protéger
Adrien Taquet a ensuite précisé sa méthode : prévenir dès les premiers jours de la vie et même avant la naissance tous les risques, accompagner tout au long de sa vie l’enfant et le protéger à tout âge des menaces de toute nature. « Prévention, accompagnement, protection des enfants et donc auprès de leurs familles tels sont à la fois mon objectif et ma méthode » a-t-il conclu. 

Un an pour agir
Adrien Taquet le sait et l’a rappelé : « le calendrier est court, très court -un an utile- et nous oblige, de plusieurs manières ». C’est pourquoi il veut apporter des réponses tangibles et pratiques aux problèmes rencontrés par les parents, les enfants et les adolescents. Et le secrétaire d’État de lister les chantiers qui ont abouti : le doublement du congé de paternité, le renforcement des staffs médico psycho-sociaux en maternité, la création de nouvelles unités parents-enfants et d’équipes mobiles en psychiatrie prénatale, le service public des pensions alimentaires.

Une mission conciliation vie professionnelle-vie familiale  
Mais l’objectif de cette prise de parole devant le HCFEA était aussi d’ouvrir d’autres chantiers. Ainsi Adrien Taquet a-t-il annoncé le lancement d’une mission de conciliation vie professionnelle / vie familiale.  « Je confierai dans les prochains jours à Madame Christel Heydermann, présidente de Schneider Electric France et à Julien Damon, sociologue, la mission d’identifier les moyens d’une meilleure prise en compte par l’entreprise des enjeux de parentalité notamment par le biais d’une proposition de réforme du congé parental. L’UNAF et l’UDA seront dans ce cadre chargées d’animer des débats territoriaux sur ces sujets. »


Une conférence nationale des familles au printemps 2021
Adrien Taquet a aussi annoncé l’organisation d’une conférence nationale des services aux familles au printemps prochain. En présentiel ? Trop tôt encore pour le dire. Rappelons que cette conférence annuelle est prévue par l’ordonnance réformant les modes d’accueil. La dernière conférence de la famille date de 2004, il s’agit donc de renouer avec un évènement qui permet de réunir tous les partenaires des familles.  Objectif de cette conférence de 2021 : dresser un état des lieux de l'accueil du jeune enfant notamment, faire le point sur l'ensemble des travaux des conseils dont le HCFEA et des missions comme celle sur la conciliation vie pro/vie familiale etc. Bref de prendre la mesure de ce qui a été réalisé, voir le chemin parcouru et celui restant à parcourir. Un moment-clef qui donnera lieu aussi à l'annonce de nouvelles mesures. Cette conférence présidée par Adrien Taquet sera « pour plus d’efficacité » interministérielle. Elle sera donc organisée en partenariat avec d’autres ministères comme l’Éducation, la Santé, l’Économie, le Travail, l’Égalité entre les femmes et les hommes, qui sont intéressés par les politiques familiales. Ce sera un rendez-vous pour l’ensemble du secteur.  Tous les acteurs seront invités à participer à l’élaboration du programme et le (ou les) jour J de contribuer au contenu et au déroulé des temps passés ensemble.

Soutien à la parentalité : une charte nationale et un groupe de travail
La commission des 1000 jours et son rapport l’ont mis en évidence, le soutien et l’accompagnement à la parentalité sont des éléments déterminants dans la prévention et la lutte contre les inégalités précoces. Le soutien à la parentalité a donc été largement abordé par Adrien Taquet lors de ce discours de rentrée.  Et en introduction des trois mesures qu’il a annoncées, il a souligné que si le calendrier est court et qu’il y a urgence il ne voulait pas néanmoins en être prisonnier. Et donc s’inscrire aussi dans le long terme.
Premier point : la confirmation qu’une charte nationale du soutien à la parentalité est en cours d’écriture. Charte miroir de celle de l’accueil du jeune enfant, on y trouvera bien sûr la définition du soutien à la parentalité mais aussi les principes et valeurs qui fondent l’identité professionnelle du secteur. Une charte d’une quinzaine de pages dont l’écriture se fera dans un premier temps en cercle restreint d’experts aux compétences complémentaires :  le sociologue Claude Martin, la docteure en sciences politiques Sandrine Dauphin, l’économiste Arthur Heim et l’IGAS Bénédicte Jacquey.  Ce texte sera soumis au printemps aux professionnels du secteur pour réaction et finalisation avant l’été.
 Autre chantier :  installation d’un groupe de travail chargé de déterminer les moyens de garantir les compétences des personnes intervenant en soutien à la fonction parentale.  
Et enfin : mise en place d’une offre unifiée autour des lignes d’écoute téléphoniques destinées à répondre à l’ensemble des questionnements des parents. L’idée : des horaires plus larges et surtout un service  bien identifié et connu de tous les parents.

Modes d’accueil : nouvelles mesures de soutien financier
Sur la question des modes d’accueil, Adrien Taquet a identifié trois temps : celui de l’urgence immédiate, celui de la réforme en cours et celui de la préparation de l’avenir. A n’en pas douter, il y a urgence en ce qui concerne la situation des modes d’accueil dans le contexte pandémique passé et actuel. Il s’agit en priorité de « préserver et développer la capacité d’accueil, durement mise à l’épreuve par la crise sanitaire et ses conséquences. » (NDLR : On est loin des objectifs de la COG 2018 /2022 - création de 30 000 places - dont on sait depuis déjà plusieurs mois qu’ils ne seront jamais atteints.)  Adrien Taquet a donc expliqué : « je crois utile d’étudier les moyens de renforcer encore le soutien financier apporté à la pérennisation des places existantes ainsi qu’à l’incitation à créer des places nouvelles. »

Modes d’accueil : expérimentation d’une aide technique à la création de solutions d’accueil
Outre le renforcement du soutien financier aux opérateurs de solutions d’accueil, le secrétaire d’État souhaite, via une expérimentation, un autre type d’aide destinée en priorité aux collectivités territoriales parfois démunies lorsqu’il s’agit de créer une structure d’accueil.  « Je suis favorable, a-t-il expliqué, à ce que nous expérimentions en complément de ce soutien financier, un appui technique de bout-en-bout au montage de projets de crèche, pour aider des communes qui ne disposent pas des compétences nécessaires à faire éclore des solutions nouvelles. J’ai confiance en la capacité de la branche famille à se mobiliser pour proposer des mesures fortes en ce sens ».  C’est donc la Cnaf qui serait en charge de cette cellule nationale dédiée à cette nouvelle aide.  Pour cela, la Cnaf qui réunit déjà un certain nombre d’experts devra recruter des compétences nouvelles : architecturales, pédagogiques, etc.
 Le secrétaire d’État a précisé : « L’État et les ministères intéressés (…) sera à ses côtés (NDLR : la Cnaf) dans cet effort : nous mettrons des moyens en commun pour soutenir, sur les territoires les plus fragiles, des dispositifs innovants ou expérimentaux concourant à une démarche globale d’accès aux modes d’accueil, au bénéfice notamment des enfants en situation de pauvreté. »

Point d’étape sur la réforme des modes d’accueil
Adrien Taquet a rappelé l’économie générale du texte. «  C’est une réforme, a-t-il dit, qui met les choses dans le bon ordre : l’enfant d’abord en ancrant dans la loi deux fondamentaux : le contrôle des antécédents judiciaires de tous les adultes qui font profession d’accueillir des jeunes enfants et le partage par l’ensemble des modes d’accueil de principe de qualité communs grâce aux travaux conduits notamment par les membres du HCFEA et déployés grâce aux plan Enfance -Egalité » ( NDLR : plan de formation des 600 000 professionnels de la petite enfance).
La réforme, dont la dernière phase de concertation s’est achevée et qui n’est pas encore consensuelle (rappelons que Pas de bébés à la consigne appelle à une grève nationale le 2 février) est néanmoins défendue avec vigueur par le secrétaire d’État. « C’est une réforme marquée par le pragmatisme et la recherche d’efficacité en ouvrant des possibilités nouvelles et en faisant confiance aux territoires pour expérimenter des organisations locales différenciées. Une réforme empreinte enfin de respect et d’écoute pour tous les professionnels du secteur par les droits nouveaux qu’elle ouvre (accès à la médecine du travail pour les assistants maternels) et par son processus d’élaboration (2 ans et 8 mois de concertation) ».
Le texte de l’ordonnance sera examiné par le Conseil national d’évaluation des normes le 14 janvier. Et il a déjà reçu l’avis favorable du Conseil d’Administration de la Cnaf.

Métiers de l'accueil du jeune enfant : un comité de filières petite enfance
 Enfin, le dernier point de sa feuille de route dense et ambitieuse, montre qu'Adrien Taquet veut aussi préparer l’avenir. On le sait, la petite enfance connait une vraie crise de recrutement, on sait aussi que les métiers du secteur relèvent de plusieurs branches professionnelles : santé, cohésion sociale, entreprises de proximité …Ce qui ne permet pas toujours de répondre clairement aux attentes, questions et aux revendications des professionnels.
C’est pourquoi Adrien Taquet a annoncé : « je constituerai un Comité de filière « petite enfance » rassemblant les représentants de l’ensemble des employeurs et des employés du secteur. Je le chargerai notamment de travailler à la mise en place de passerelles propres à permettre des parcours de progression professionnelle ainsi qu’à se pencher sur la question de la rémunération des professionnels. »
 Avec ce comité de filières, il s’agira qu’ensemble ses membres travaillent à trouver des solutions puisque force est de constater que les différents plans métiers qui se sont succédé se sont soldés par des échecs. Les métiers de la petite enfance n’étant plus assez attractifs, et les carrières qu’ils ouvrent non plus. Ce comité devra donc construire un outil qui permette d’élaborer des parcours professionnels séduisants.

 Les trois saisines du HCFEA
Le secrétaire d’État a par ailleurs annoncé les trois missions qu’il confiait au HCFEA puisque c’est lors de cette plénière d’ouverture que le Haut Conseil adopte son programme de travail. Première mission : un rapport sur les dépenses que les collectivités locales consacrent à l’enfance et à son bien-être, aux actions au service de l’enfance et des familles.
Deuxième mission : mettre à jour le portrait des familles contemporaines, leurs réalités quotidiennes avec une attention particulière sur la situation des familles monoparentales.
Troisième mission :  examiner les écarts de reste-à-charge selon que les familles ont recours aux modes d’accueil individuel ou collectif et étudier les moyens de les réduire.

 Un équilibre : Enfants-parents-professionnels
Voilà donc la feuille de route que le secrétaire d’État à l’Enfance et aux Familles s’est fixé pour l’année à venir. Ambitieuse et équilibrée entre familles et enfance, parents et professionnels. Une feuille de route qui demandera des moyens financiers. Adrien Taquet semble confiant. Il a ainsi conclu ce discours de rentrée par ces mots : « Je sais pouvoir compter sur votre engagement au service des enfants et des familles et de votre appui dans l’ensemble des projets que viens d’évoquer. Tous concourront à offrir un accueil de qualité à tous les enfants ; donner aux parents un choix réellement libre du mode d'accueil de l’enfant et proposer aux professionnels des perspectives de carrière durables et attractives. »

 
Article rédigé par : Catherine Lelièvre
Publié le 12 janvier 2021
Mis à jour le 28 janvier 2021
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