Le Bisphénol A maintenant considéré comme un perturbateur endocrinien

L’Agence Européenne des Produits chimiques (ECHA) vient de reconnaître le bisphénol A (BPA) comme perturbateur endocrinien, une proposition faite par la France depuis lontemps. La molécule a été très largement utilisée pendant une cinquantaine d’années. Mais en 2011, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) avait recommandé de réduire l’exposition de la population au BPA. Il est en effet soupçonné d’agir sur la fertilité et la croissance, de perturber les systèmes reproductifs, nerveux, immunitaire métabolique et cardiovasculaire, et d’être à l’origine de certains cancers. La molécule a  été ensuite bannie des produits pour jeunes enfants en 2013 comme les biberons et les jouets, puis des contenant alimentaires fabriqués en France et des tickets de caisse en 2015. En février dernier, l’Anses soumet donc la proposition de classer le BPA comme « substance extrêmement préoccupante », dans le cadre du règlement REACh (qui régit l’utilisation des produits chimiques en Europe).
Le combat continue
En la classant comme tel, l’ECHA reconnaît que la molécule peut avoir « des effets graves et irréversibles sur la santé humaine et l’environnement ». Mais la lutte contre les substances présumées dangereuses pour la santé n’est pas terminée. L’EFSA, l’équivalent européen de l’Anses n’a toujours pas statué sur les critères de définition des perturbateurs endocriniens. D’autre part, le BPA a été remplacé par d’autres molécules, telles que le bisphénol S qui est encore plus néfaste sur la santé, comme le révèlent déjà plusieurs études.
Rappelons que la France est le premier et le seul pays d'Europe à avoir banni le bisphénol A des contenants alimentaires.

Pour aller plus loin, consulter notre article : Jouets : attention aux substances toxiques
Article rédigé par : A.B.B.