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Quel couchage pour le jeune enfant ?

Comment, et surtout dans quoi faire dormir les tout-petits lorsqu’ils sont accueillis en crèche ou chez l’assistante maternelle ? Dans les structures d’accueil collectif, il existe en général 3 sections : les petits, les moyens et les grands. En fonction de leur âge, de nos habitudes, de notre éducation, de notre culture et bien sûr en fonction des propositions des fabricants de matériel de puériculture, on se sent obligé de les faire dormir dans des lits différents.
Le regard « ergonomique » de José Curraladas, masseur-kinésithérapeute D.E., Fondateur de l’École du Dos de la Petite Enfance, sur les différents types de couchages et de lits. Pour le confort des petits et des professionnels qui les accueillent.
Un bon sommeil pour les petits, un dos et des articulations préservés pour les adultes
Le couchage des tout-petits, en structure collective ou chez l’assistante maternelle, est souvent un moment où le dos de l’adulte est sollicité.
Comme souvent dans le secteur de la petite enfance, les gestes qui sont effectués depuis des milliers d’années par des femmes paraissent simples et naturels. Mais effectués par des professionnels qui vont les répéter pendant plusieurs dizaines d’années (43 ans actuellement) plusieurs dizaines de fois par jour, ces gestes vont avoir des conséquences sur le dos et les articulations de l’adulte.
Les architectes créent des espaces en fonction de normes centrées sur l’enfant. Par exemple, la salle de psychomotricité où l’enfant vient pour jouer, sera spacieuse alors que le dortoir prévu pour la sieste de bébé sera un petit espace. (photo ci-dessous)
                                                                                


Mais l’adulte qui va soulever et déposer un bébé entre 4 et 25 Kg plusieurs fois par jour, dans un dortoir exigu ? Dortoirs si souvent trop petits que les fabricants vous proposent des lits superposés ? Dortoirs (souvent sans fenêtres) et avec si peu de place pour passer entre les lits que l’adulte doit se tordre pour effectuer les manœuvres de dépose/soulèvement ?
                                                                                      

Quel lit pour faire la sieste ?
Actuellement dans les structures collectives nous avons en général un couchage en hauteur pour les « petits », un couchage intermédiaire pour les « moyens » et un couchage au sol pour les « grands ».

• Le couchage en hauteur dans des lits à barreaux « type hôpital »
C'est celui le plus souvent utilisé pour les tous-petits de 3 mois jusqu’à l’acquisition de la marche. Ce type de couchage peut paraître idéal pour l’adulte et l’enfant car il permet en théorie de manipuler bébé à hauteur et de le sécuriser avec les barreaux et de le surveiller. Pas si simple ! Car bon nombre de lits hauts ne sont pas du tout conçus pour une manipulation pratique. La majorité des lits hauts sont encore anciens et ont été fabriqués par les hommes qui n’ont jamais déposé un enfant dans un lit. Trop souvent le côté de ces lits pour les baisser nécessite de pousser 2 voire 4 « sécurités ». (Photo ci-dessous) Ce qui est bien sur impossible avec un enfant dans les bras ! D’autre part, il existe des lits hauts qui sont tellement hauts que l’adulte a du mal à déposer et soulever bébé et doit souvent se mettre sur la pointe des pieds !



Mon conseil : Il existe depuis quelques années des lits dont les côtés peuvent se baisser d’une seule main. Il faut bien sur maintenant acheter ce type de lits.

Le couchage bas sous les lits hauts
C'est une solution pour gagner de la place et mettre le double d’enfants dans les dortoirs. Mais quelles contraintes pour le dos des agents qui sont obligés de s’engouffrer littéralement sous le lit haut pour coucher celui du bas ! (Photo ci-dessous)

            
                                                                                                       

• Le couchage intermédiaire
C’est la solution de transition du lit haut vers le couchage au sol. Les enfants qui marchent vont être mis à dormir dans ces lits également à barreaux (Photo ci-dessous). Chez les assistantes maternelles, ce sont les lits parapluie (quand les PMI les autorisent) qui sont généralement utilisés et cela durant les trois années que l’enfant passe chez elles. Que dire de ces lits de hauteur intermédiaire sinon qu’ils sont souvent contraignants pour l’adulte car la majorité d’entre eux ont des côtés fixes qui obligent l’adulte à porter des enfants entre 15 et 25kg. Pour les assistantes maternelles, la contrainte est celle de la surveillance de l’adulte et de la place. Pour elles, ces lits intermédiaires, parapluie ou à barreaux leur permettent de coucher les enfants avec la sécurité qu’ils ne puissent pas en sortir (bien que certains y arrivent quand même !) En structure collective, ce type de lit est dans la section des moyens.



• Le couchage au sol
Il existe différents types de lits qui sont utilisés en structures collectives pour coucher un enfant au sol. Cela va du matelas avec un contour mousse (Photo ci-dessous) jusqu’au lit couchette empilable (Photo ci-dessous) en passant par le simple matelas et le lit bas à barreaux.

                                                                                                                                                                              

Contrairement aux idées reçues, le meilleur couchage pour le bien-être de l’enfant et pour le dos de l’adulte est le couchage au sol.

Effectivement, pourquoi mettre un enfant derrière les barreaux d’un lit alors qu’il est tellement plus simple et plus naturel de le déposer/soulever du sol ? Le couchage au sol est la solution de couchage ergonomique pour plusieurs raisons :
1/ Pas de risque de chute (l’enfant est déjà au sol) !
2/ Pas de contraintes sur la colonne vertébrale de l’adulte si les gestes de dépose et de soulèvement ont été bien enseignés.
3/ Un coût très faible.
4/ Environnement « naturel » et à la hauteur de bébé.

Il existe bien sûr des difficultés objectives au couchage au sol :
- La surface au sol des dortoirs doit être importante, ce qui n’est pas toujours possible vu le prix du foncier.
- La nécessité de la présence permanente de l’adulte dans le dortoir.
- Nos habitudes et notre éducation de résidants de pays « riches et développés » qui associent le couchage au sol à la précarité, la pauvreté, le manque d’hygiène.


Il existe une multitude de possibilité pour faire dormir les tous petits en toute sécurité. Mais le couchage le plus ergonomique est celui qui va en même temps préserver le dos de l’adulte et le bien être de bébé. En ce sens ce sera plus le couchage au sol, quand les conditions architecturales le permettent, qui sera le choix le plus judicieux avec un projet pédagogique partagé par l’ensemble de l’équipe.


Pour en savoir plus
Site Internet : http://www.dosetpetitenfance.fr
Courriel : dosetpetitenfance@sfr.fr
Lire : Prévenir le mal de dos pour les professionnels de la petite enfance
Article rédigé par : José Curraladas Masseur-kinésithérapeute DE Fondateur de « L’Ecole du Dos de la Petite Enfance »
Publié le 03 décembre 2018
Mis à jour le 22 janvier 2019