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Maquillage sensoriel : l’activité aux 1001 vertus

Si vous cherchez une activité qui change, qui se déroule sur plusieurs semaines, qui éveille les sens et apaise les enfants, ne cherchez plus, on a trouvé ! Mettez en place le maquillage sensoriel. Le point sur cette activité avec sa fondatrice : Martine Nivon.
Maquillage sensoriel : qu’est-ce que c’est ?
Martine Nivon est éducatrice de jeunes enfants, un métier qu’elle affectionne particulièrement. Grâce à une formation de maquilleuse artistique, les enfants de sa crèche ont la chance d’être grimés régulièrement. Jusqu’au jour où Martine a un déclic. Alors qu’elle s’était levée pour aller faire autre chose, une petite fille prend sa place et maquille un autre enfant. C’est une révélation pour Martine. Elle envisage cet atelier différemment et crée le concept de maquillage sensoriel. « J’ai tâtonné pas mal de temps, j’ai testé différentes façons d’aborder cette activité, j’ai également suivi une formation sur l’analyse de ma pratique… Tout cela m’a permis de peaufiner mon idée et de mettre en place des ateliers de maquillage sensoriel », témoigne- t-elle.
Mais qu’est-ce que c’est exactement ? Le maquillage sensoriel est une activité pendant laquelle l’enfant met en éveil tous ses sens. « Ce n’est pas le résultat qui compte », prévient l’éducatrice. « Il n’y a pas de modèle ! Surtout pas de tigre, de lion ou d’autres créatures. L’enfant choisit une couleur qu’on appose sur une partie de son visage, celle qu’il souhaite, » poursuit-elle. Puis ce sont les enfants qui se maquillent eux-mêmes. Pendant cet atelier, le toucher, la vue, l’ouïe, ou encore l’odorat sont mis à contribution.

Un atelier, plusieurs séances
Les ateliers de maquillage sensoriel conviennent aux enfants dès 18 mois et durent 1h / 1H30 (mais certains enfants n’y participent que quelques minutes). Cette activité s’inscrit dans un cycle de 6/8 séances car les enfants vont peu à peu explorer cet univers et aller de plus en plus loin. Mais pour le premier atelier, c’est l’adulte qui maquille. Martine les prend alors par groupe de 6 et les emmène dans ce nouvel univers.  « Je commence toujours mes séances par un massage du visage et je cite toutes les parties, notamment celles propices au maquillage m ais que les enfants ne nomment jamais comme les tempes par exemple », explique- t-elle. Puis les enfants choisissent une couleur, une partie de leur visage et un instrument : pinceau ou éponge. « C’est alors l’occasion de les plonger dans un bain de langage en nommant toutes les couleurs. On sollicite alors aussi la vue », commente la maquilleuse. Puis, les enfants sont amenés à être attentifs à la sensation que leur procure le pinceau ou l’éponge qui glisse sur leur peau. On comprend alors davantage la notion de maquillage sensoriel.
« Tout au long de leur maquillage, je garde à mes cotés un miroir, témoin de leur transformation, ce qui est très important car avant 18 mois, beaucoup d’enfants n’ont pas conscience de leur reflet dans le miroir », insiste- t-elle.
Une fois la séance terminée, les petits se démaquillent en toute autonomie. Martine poursuit : « Chacun a un gant de toilette avec de l’eau et se démaquille seul. Ils sont « acteurs » de leur démaquillage. C’est une étape très importante car elle marque un retour au réel. Je leur dis d’ailleurs : « tu retrouves ton visage ».

Aux enfants de jouer !
L’atelier découvert, Martine leur propose la fois suivante de se maquiller tout seul. Assis devant un miroir, une couleur devant eux (puis plusieurs), ils explorent de nouveau les sensations que cela procure. Ils testent avec une éponge, un pinceau, leur doigt… « Ils maquillent souvent le tour de leur bouche, la zone érogène des tout-petits, notamment avec la succion. Les 18/24 mois maquillent aussi leurs joues, le front, les yeux », précise t-elle.
Après 3 séances de ce type, arrivent enfin celles où ils se maquillent deux par deux. « Ils connaissent les sensations que ça procure et sont donc très doux les uns vis à vis des autres », remarque Martine. C’est le moment où l’adulte reste en observation : « En aucun cas je n’interviens sur le choix des couleurs ou de l’instrument par exemple. Je suis néanmoins très attentive au respect de l’enfant. Celui qui est maquillé doit être écouté par celui qui maquille. Si l’un d’eux ne souhaite pas qu’on lui colore les joues, il doit être respecté ». Et cela se passe toujours très bien : «  Les enfants sont très attentifs, très respectueux de l’autre. Je ne vois d’ailleurs pas d’enfant mettre du maquillage dans les yeux, dans les cheveux ».

Les vertus du maquillage sensoriel
Le maquillage sensoriel est une activité qui plonge les enfants dans la contemplation. « Je n’ai aucun enfant qui court pendant cet atelier », raconte l’éducatrice. Même les petits les plus actifs d’ordinaire restent assis, sans bouger, à observer les autres se faire maquiller. « C’est une activité très relaxante », témoigne Martine.
Outre ce pouvoir, le maquillage sensoriel permet de nombreuses choses :
- les enfants apprennent du vocabulaire
- ils intègrent leur schéma corporel grâce aux parties du visage citées
- ils travaillent leur motricité fine avec la préhension des pinceaux
-  ls découvrent la notion de peindre sur du volume et celle de symétrie (le côté droit est souvent maquillé à l’identique du côté gauche)
- leur créativité est sollicitée avec les couleurs, les formes…
- leur imaginaire aussi. « Ils font 4 traits noirs et les voilà devenus tigre », s’amuse Martine
Un dernier point sur lequel insiste l’éducatrice de jeunes enfants : l’écoute et le respect. « Nous avons peu d’outils pour explorer ces notions. Et le maquillage sensoriel en est un formidable. Il faut savoir écouter et entendre la demande de l’autre. Et pour le maquillé, il faut être capable de se faire entendre, de s’exprimer, de ne pas se laisser faire, de ne pas être passif, de na pas accepter tout de l’autre », explique- t-elle. « Je sollicite alors l’enfant pour qu’il exprime son désir et que l’autre l’écoute et le respecte ». Un atelier dont vous ne devriez plus avoir envie de vous passer


 
Article rédigé par : Laure Marchal
Modifié le 13 novembre 2017

3 commentaires sur cet article

Bonjour. Article très intéressant. Je me pose la question du maquillage que vous utilisez. Celui que je trouve est toujours interdit aux moins de 3 ans, comme beaucoup d'autres choses d'ailleurs. Quelle marque utilisez-vous? Je connais celle "Grim'tout" à base d'eau et sans paraben. Si vous en avez d'autres, je suis preneur. Merci. Bonne journée. Benjamin, EJE.
Tout ça m'a l'air bien sympathique, moi aussi j'aimerai bien savoir de quel type de produit il s'agit, merci :-)
Bonjour, Moi aussi votre article m'a beaucoup intéressé. Je travail en multi-accueil et nous souhaiterions mettre en place ce type d'atelier cette année. Serait-il possible d'avoir plus de renseignements sur le type de maquillage utilisé? La marque "Grim'tout" convient-elle? Je me pose la question de savoir s'il s'agit d'un maquillage à mouiller au préalable ou pas? Merci. Noémie, EJE.