Hausse des cas de covid-19 chez les 0-5 ans : pas de panique !

Des chiffres récemment publiés par Santé publique France lors de son dernier point épidémiologique montraient une hausse des cas chez les plus jeunes. Des médecins se montrent toutefois rassurants.

Pour rappel, en semaine 11, du 15 au 21 mars 2021, Santé publique France signalait une hausse du taux d’incidence (pour 100 000 habitants). Il était de 230 chez les 0-14 ans, en augmentation par rapport à la semaine précédente mais bien inférieur à celui des 15-44 ans(426) et des 45-64 ans (309). L’organisme scientifique faisait état d’une augmentation du taux d’incidence dans toutes les classes d’âge avec une augmentation de 31% pour les 0-14 ans par rapport à la semaine 10.
Santé publique France tempère toutefois ces chiffres en précisant que cette forte augmentation observée chez les 0-14 ans l’a été dans  un contexte d’augmentation importante du taux de dépistage (+41%) et de diminution du taux de positivité (-0,5 point), en partie liée à l’intensification des campagnes de dépistage organisées dans les établissements scolaires.

Les enfants moins touchés que les adultes
Point important, concernant les cas confirmés (ils étaient de 38182 au total pour la semaine 11), les enfants de 0 à 2 ans ne représentent que 3% des nouveaux cas et les petits de 3 à 5 ans 7%. C’est beaucoup moins que pour les classes d’âges supérieures (6-10) qui tournent autour de 31%. Le taux d’incidence des cas confirmés pour 100000 habitants va dans le même sens et est le plus faible chez les 0-2 ans avec 58/100 000 habitants et 122/100 000 habitants chez les 3-5 ans. Comparativement ce taux est de 431/100 000 habitants chez les 15-17 ans.

Face à ces chiffres, des médecins rassurants
Le corps médical est plutôt rassurant. Le professeur Robert Cohen pédiatre et infectiologue, membre du Groupe de Pathologies infectieuses, Association Clinique et Thérapeutique Infantile du Val-de-Marne, ACTIV (Saint-Maur-des- Fossés) explique : « Ce qui se passe dans les crèches, c’est ce qui se passe dans la société avec des variants plus contagieux qui n’atteignent pas davantage les enfants mais qui les atteignent plus comme c’est le cas avec les adultes ». Il souligne : « Peu d’enfants sont contaminés par le COVID-19 et les parents de ces jeunes enfants ne sont pas plus malades que des personnes de la même tranche d’âge sans enfants ». Pour ce spécialiste, les enfants fréquentant les crèches sont rarement contaminés et rarement contaminateurs. Cela va dans le sens d’une étude américaine de la Case Western Reserve university parue en août 2020 montrant que les taux de contamination au COVID-19 au sein des crèches étaient faibles. Le Pr Cohen rappelle que les professionnels de la petite enfance sont rarement positifs au Covid. Comme le rappellent les résultats de l’étude COVIDOCRECHE    réalisée en 2020 mais dont les résultats ont été publiés en février dernier (donc avant l’apparition des variants) et à laquelle a participé le Pr Cohen, « l’hypothèse d’une contamination intrafamiliale reste plus plausible qu’une transmission au sein des crèches d’autant que dans les crèches, les professionnels portent un masque et adoptent des mesures barrières rigoureuses. Ce mode de garde, dans ces conditions, ne semble en effet pas être responsable d’un sur risque pour les enfants et le personnel qui les a en charge. » Toujours selon les chiffres de cette étude, la séroprévalence était faible chez le personnel des crèches (7,7%).
Le professeur Romain Basmaci, pédiatre à l’Hôpital Louis Mourier au sein du service de Pédiatrie-Urgences, secrétaire général de la Société Française de Pédiatrie et qui a également participé à l’étude COVIDOCRECHE va dans le même sens. Il explique : « La majorité des enfants arrivant aux urgences pédiatriques sont dépistés pour le COVID-19 et les taux d’enfants positifs sont extrêmement faibles ». Et rappelle aussi que plus les enfants sont jeunes moins ils sont infectés et moins ils transmettent le virus.

Des fermetures de crèches en augmentation
De quoi rassurer le personnel de la petite enfance. Mais actuellement les tout-petits ne sont pas dépistés au sein des structures d’accueil, on attend donc avec impatience les chiffres du dépistage à grande ampleur qui va démarrer via des tests salivaires le 6 avril dans une trentaine de crèches en Moselle.
Car force est de constater que la fermeture de crèches est en nette augmentation ces dernières semaines. Elsa Hervy, déléguée générale de la FFEC, précise : « Nous ne comptons pas les fermetures d’établissements. Mais il est clair qu’elles sont plus nombreuses. En général parce que les professionnels sont soit positifs soit cas contacts. Rarement quand ce sont les enfants qui sont malades ou cas contacts. Mais désormais il y a aussi un manque de professionnels justifiant les fermetures, tout simplement parce qu’ils doivent garder leurs propres enfants dont l’école a fermé. » Un constat partagé par de nombreux gestionnaires.
Rappelons d’ailleurs que le SNPPE et d’autres réclament la vaccination prioritaire des professionnels de la petite enfance.

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Article rédigé par : Isabelle Hallot
Publié le 30 mars 2021
Mis à jour le 31 mars 2021