Présentation du rapport sur les métiers du lien par François Ruffin et Bruno Bonnell

Les députés Bruno Bonnell (LREM) et François Ruffin (France Insoumise) ont présenté leur rapport d’information sur les métiers du lien à la Commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale qui l’a adopté à l’unanimité. Ce rapport évoque 4 métiers et les écrivent volontairement au féminin puisqu’ils sont exercés par des femmes à plus de 95% : Assistantes maternelles, Accompagnantes d’enfants en situation de handicap (AESH), animatrices périscolaires et auxiliaires de vie sociale (appelées encore aides à domicile).  

43 propositions
Le rapport présente 43 propositions pour « ces métiers qui permettent de tisser du lien du berceau à la tombe »,  des métiers précarisés et dévalorisés et pourtant des métiers d’avenir selon les rapporteurs.
 Selon l’AFP qui a eu accès au rapport, pour les assistantes maternelles il est proposé un doublement de leur formation initiale pour leur donner plus de perspectives et de leur offrir la possibilité plus d'obtenir plus facilement un agrément pour 4 enfants.
Lors de leur présentation devant la Commission les deux rapporteurs, dans un style différent ont précisé l’orientation de leur rapport.

Un service public pour ces métiers
Pour François Ruffin, commençant son exposé par une journée type d’une aide à domicile, l’un des problèmes majeurs de ces métiers invisibles et pourtant essentiels, c’est le temps de travail. Comment le comptabiliser ? Point délicat qui participe de la faible reconnaissance (notamment en termes de salaire) de ces métiers. Métiers d’ailleurs, rarement considérés comme de vrais métiers.
« La proposition globale que nous faisons est un celle d’un service public de ces métiers. Nous ne voulons pas transformer ces professionnels en fonctionnaires pour autant ! (…) Mais il faut encadrer les horaires, les salaires, la formation et les qualifications » a-t-il conclu.

Des métiers d’utilité sociale
Bruno Bonnell a insisté sur l’importance fondamentale de ces métiers. Persuadé que « la grande cause du XXIème sera l’organisation des liens dans la société », le député de 6ème circonscription du Rhône regrette « qu’il n’y ait ni passerelles, ni trajectoires pour ces métiers ».  Pas possible par exemple pour une auxiliaire de vie sociale de devenir aide-soignante.  
« Ce qui me semble important a-t-il précisé c’est la notion d’utilité sociale, c’est-à-dire l’impact social de ces métiers sur la société ». « Le problème, a-t-il ajouté,  c’est que l’on a oublié le sens de ces métiers ». Et pourtant ils constitueront un million d’emplois d’ici 2030 , voire 2 millions d’ici 2040. La question de leur attractivité est donc centrale.

 Vidéo de présentation du rapport devant la Commission des Affaires Économiques
Article rédigé par : Catherine Lelièvre
Publié le 24 juin 2020
Mis à jour le 24 juin 2020