Prévention et lutte contre la pauvreté : la petite enfance, une des priorités de la stratégie

« La bataille qu'il nous faut conduire aujourd'hui, c'est celle d’une réforme en profondeur des modes de garde [qui sont] ce lieu essentiel de l’apprentissage de la vie, de cet éveil cognitif, de ce qui permettra à l’enfant d’avoir plus de chances (…). » Ce matin, 13 septembre, le président de la République Emmanuel Macron a enfin présenté sa stratégie pour prévenir et lutter contre la pauvreté en France, en présence d’Agnès Buzyn, Ministre des Solidarités et de la Santé, et d'Olivier Noblecourt nommé délégué interministériel à cette stratégie en novembre 2017. Prévue pour juillet, sa présentation a été reculée à cette rentrée. C’est dire si, dans un contexte budgétaire contraint, les arbitrages ont été compliqués. Car un plan sans moyens n’est rien. Au total, ce sont 8,5 milliards d’euros qui seront alloués à la stratégie sur 4 ans, dont 1,24 milliard consacré au premier des 5 engagements autour de laquelle elle s’articule. A savoir l’égalité des chances dès les premiers pas pour rompre la reproduction de la pauvreté - la petite enfance donc.

Un plan en phase avec les orientations de la COG
Les premières mesures concernent donc la petite enfance. Car comme Emmanuel Macron l’a rappelé, « le cœur des inégalités se structure dans les premières années de la vie. »
Peu de surprises dans les mesures annoncées car la plupart ont été intégrées à la Convention d’Objectifs et de Gestion (COG) 2018-2022. Tels l’objectif de 30 000 places en crèches à créer en priorité dans les territoires sous-dotés et les bonus mixité, territoires et handicap pour soutenir les gestionnaires qui font des efforts dans ces domaines. La possibilité de mettre en place un tiers payant pour les familles afin qu’elles n’aient plus à avancer les frais de garde de leurs enfants quand elles ont recours à l'accueil individuel. Le renforcement de la transparence des modalités d’attribution des places de crèches, dont la mission a été confiée cet été à Elisabeth Laithier de l’AMF. Tel le parcours de parentalité accompagnant les familles dès le quatrième mois de grossesse, présenté lors de la Stratégie nationale de soutien à la parentalité « Dessine-moi un parent ». Ou encore l’obligation d'instruction à 3 ans annoncée par le Président aux Assises de la Maternelle en mars dernier.

Un fonds d’investissement social de 100 millions d’euros
Néanmoins cette matinée était l’occasion pour le gouvernement de préciser d’autres mesures, qui figurent d’ailleurs parmi les propositions du groupe de travail dédié à la petite enfance dans la concertation sur la stratégie. Ainsi la création d’un fonds d’investissement social de 100 millions d’euros qui financera des appels à projets sur quatre thématiques, dont une concernant le développement complet de l’enfant de 0 à 6 ans. L’idée : financer des recherches-actions ou des expérimentations dans des territoires sensibles qui permettent de faire progresser la qualité de l’accueil de la petite enfance.
D’autre part, l’élaboration d’un nouveau référentiel pédagogique de la petite enfance sous l’égide du Haut Conseil de la Famille, de l’Enfance et de l’Âge (HCFEA). Il sera déployé dans un nouveau plan de formation continue pour les 600 000 professionnels du secteur, qui s’articulera avec les formations des enseignants de l’école maternelle.
Enfin le président a annoncé la création de 300 crèches à vocation d’insertion professionnelle (AVIP) d’ici 2020.

Emmanuel Macron a réaffirmé le caractère ambitieux de cette stratégie « Ce n’est pas plan de charité, car il ne s’agit pas de permettre de vivre un tout petit peu mieux dans la pauvreté, il s'agit de sortir de la pauvreté (…). Je pense que nous pouvons, à hauteur d’une génération, éradiquer la grande pauvreté dans notre pays (...). » A noter que c’est la première fois que la petite enfance tient une telle place dans un dispositif annoncé dans un discours présidentiel.
La mise en œuvre de la stratégie fera l’objet d’un suivi resserré : les acteurs se réuniront tous les six mois pour faire le point. Une mise en œuvre qui devra être « à la fois participative et fondée sur le suivi d’indicateurs de résultats », a précisé Agnès Buzyn.

Nous reviendrons très prochainement plus en détails sur les mesures adoptées.
Article rédigé par : Armelle Bérard Bergery
Publié le 13 septembre 2018
Mis à jour le 14 septembre 2018



pour toutes ces nouvelles 30000 places de crèche, que faire pour autant de personnel de la petite enfance à attirer dans les métiers de la puériculture, à former, à améliorer leurs conditions de travail souvent difficiles (dont dimension relationnelle de l'emploi ) : http://www.officiel-prevention.com/formation/fiches-metier/detail_dossier_CHSCT.php?rub=89&ssrub=206&dossid=346