Les politiques Petite Enfance

Mission Sylviane Giampino : un rapport très attendu

En Juin 2015, Laurence Rossignol, alors Secrétaire d’Etat chargée de la Famille, de l’Enfance, des Personnes âgées et de l’Autonomie, avait confié à la psychologue-psychanalyste Sylviane Giampino la mission « Développement du jeune enfant, modes d’accueil et formations des professionnels ». Après un premier point d’étape en janvier dernier, Sylvianne Giampino remettra fin mars son rapport à la désormais Ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des Femmes.  
Erès
Sylviane Giampino
Dans sa lettre de mission du 16 juin 2015*, Laurence Rossignol demandait à Sylviane Giampino de piloter, avec l’appui de la Direction Générale de la Cohésion Sociale (DGCS), une réflexion sur les modes d’accueil individuels et collectifs, autour d’une ligne claire, celle du développement de l’enfant. Sylviane Giampino s’est plu à y ajouter le terme d’épanouissement.
La Secrétaire d'Etat soulignait aussi la diversité des métiers de la petite enfance. Une richesse pour le jeune enfant. Mais un handicap pour les évolutions professionnelles au sein des métiers.
C’est dans ce contexte que la psychologue-psychanalyste, spécialiste de la petite enfance, a constitué sa commission (28 membres) et ses 4 groupes de travail. Elle les a réunis et fait travailler d’octobre à décembre 2015 notamment autour de ce qui constituent les besoins prioritaires pour le développement et l’épanouissement de l’enfant avant 3 ans. Avec en toile de fond la necéssaire évolution des métiers. 116 personnes au total ont participé à cette réflexion.

Partir des spécificités du bébé et de l’enfant
Laurence Rossignol l’avait écrit noir sur blanc dans sa lettre de mission, elle souhaitait que les travaux de la mission donnent lieu à un débat public et scientifique « afin de dégager un consensus autour des grands principes qui devraient s’appliquer à l’accueil des enfants de moins de trois ans pour contribuer au développement de toutes leurs potentialités. » Ce débat a eu lieu le 15 janvier dernier devant une centaine de personnes, impliquées dans le monde de la petite enfance. « Nous avons souhaité partir des spécificités du bébé et de l’enfant. Et nous avons rassemblé des professionnels, des représentants des familles et des spécialistes universitaires. Notre approche a été véritablement pluridisciplinaire », a expliqué Sylvianne Giampino, présidente de la Commission. Avant de poursuivre : « globalement, il y a un consensus sur les grands principes en ce qui concerne un accueil cohérent des petits jusqu’à 3 ans » (voir encadré). Et d'ajouter : « Le système actuel est un « système baroque ». Nous ne partons pas de rien : la France a souvent été présentée comme pionnière en matière de socialisation du jeune enfant. La question est : que faut-il garder, développer, transformer, inventer ». Pour finalement conclure : « On ne peut opposer gestion et qualité, intérêt de l’enfant et intérêt des familles, intérêt des professionnels et intérêt de l’enfant. Nous devons nous référer au champ des connaissances, aux savoirs nouveaux intégrer des savoirs anciens. Attention aux dogmes »

La formation des professionnels au coeur du rapport
Fin mars, Sylvianne Giampino remettra le rapport écrit, sous sa direction, par les services de la DGCS, à la Ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des Femmes. Il devrait servir de base à l'adoption d’une nouvelle politique de l’accueil du jeune enfant, probablement à un rééquilibrage entre modes d’accueil collectifs et modes d’accueil individuels, et à une définition claire des besoins de l’enfant. Car ce sont eux, selon la Ministre, qui devraient « structurer l’accueil des enfants et la formation des professionnels ». La formation des professionnels de la petite enfance étant l’un des grands chantiers de l’année 2016-2017. Le rapport contribuera à nourrir le plan pour les métiers de la petite enfance actuellement en préparation, parallèlement aux travaux menés sur les référentiels-métiers du secteur. Un plan dont on sait déjà qu'il ira dans le sens d'un décloisonnement , avec de probables troncs communs de formation et des passrelles plus faciles entre les métiers. Rappelons, que l'EDEC Petite Enfance** signé en février 2015 avait été présenté comme l'un des premiers éléments de ce futur plan, mais qu'il ne concernait que le secteur privé et associatif.


*Lettre de mission du 16 juin 2015 
**Engagement de Développement de l’Emploi et des Compétences pour la petite enfance
 

Ce qui fait consensus selon la Commission

• Le développement de l’enfant n’est « ni un escalier, ni linéaire » et pour le comprendre il faut faire appel à toutes les disciplines. L'enfant est inachevé, il est acteur de son développement, nati d'emblée de capacités qui ne demandent qu'à s'épanouir. Son mode d'exploration est pluri-sensoriel et son systéme d'acquisition trans-modal. La petite enfance est une étape de vie qui englobe toutes les données de la suite sans pour autant les déterminer.
• Les lieux d’accueil sont des lieux d’épanouissement et de développement, ce ne sont pas des lieux pour dépister, traquer, contrôler mesurer. La commission a retenu une notion de prévention prévenante.
• Il faut penser les relations entre les familles et les modes d’accueil du point de vue de l’enfant. Les attentes des parents doivent se conjuguer avec les exigences du développement de l’enfant.

 

Article rédigé par : Catherine Lelièvre
Modifié le 10 mai 2016