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Comment réagir face à une plaie

Un enfant joue, court, est bousculé, tombe. Avec à la clef un petit ou gros bobo ! Les plaies sont fréquentes, voir quotidiennes, de la « dermabrasion » à la plaie profonde, elles font souvent partie du quotidien des petits et de ceux qui les accueillent. Il faut toujours rassurer le petit blessé, en lui parlant doucement avec calme et douceur.
Les règles d’or à respecter avant tout soin
  1. Toujours observer une plaie.
  2. Toujours rechercher une autre plaie.
  3. Toujours observer l’enfant présentant une plaie : comment est-il, pleure-t-il, bouge-t-il normalement, réagit-il ?
  4. Le sang n’est pas toujours signe de gravité : pas de panique mais du « sang-froid » !
Reconnaître  et soigner les plaies simples 
Ce sont des plaies superficielles qui sont soit des dermabrasions et soit certains scalps cutanés.
  • La dermabrasion, c’est-à-dire la peau griffée superficiellement, n’est en soi jamais grave. Il faut désinfecter et protéger, et éventuellement donner du PARACETAMOL en cas de douleurs.
  • Le scalp de la peau peut être superficiel ou peut avoir entraîné des lésions plus profondes : muscles, vaisseaux… Le lambeau de peau, s’il est encore « en place », doit être conservé afin de recouvrir la plaie après désinfection. Il convient de protéger le tout afin d’éviter toute infection et aussi de contrôler un saignement localisé en « tache d’huile », d’origine veineuse et sans gravité première.

Reconnaître et soigner les plaies graves
Ce sont des  plaies profondes qui peuvent atteindre l’os ou des organes sous-jacents. Certaines  peuvent être franches et saignantes ; leur taille ne laisse pas présager de la gravité de la plaie. D’autres peuvent se présenter comme « anodines » mais entrainant rapidement des signes de détresse. 
  • Toute plaie grave, toute plaie profonde, toute plaie saignant abondamment, toute plaie s’accompagnant de troubles de la conscience, de difficultés respiratoires doivent impérativement être traitées par les équipes du SAMU.
  • La plaie du thorax, de l’abdomen, crées par des branches, des piquets métalliques de clôture, et aussi par des armes blanches, sont généralement graves alors que le saignement externe est parfois moindre, mais le saignement interne plus préoccupant et peu ou pas visible !
  • Toute suspicion de plaie profonde, toute plaie par corps étranger doit entraîner l’appel sans délai au SAMU : 15. La désinfection est un geste relatif, il faut comprimer ces plaies en cas de saignement extériorisé et ce jusqu’à l’arrivée des secours. Alors qu’un enfant « embroché » sur une clôture doit être ramené au sol avec précautions, tout élément tranchant présent dans une plaie doit être laissé en place sans aucune mobilisation de celui-ci : l’enlever est souvent cause d’hémorragie interne massive brutale et mortelle !
  • Les fractures ouvertes sont des plaies consécutives à des chutes ou des accidents de circulation : fracture du poignet, de la cheville ou d’un doigt sont les plus fréquentes. L’os est visible là où le membre concerné est déformé, avec une plaie en regard de cette déformation. Le risque infectieux est la pire des complications à court, moyen et long terme : il faut donc désinfecter, recouvrir, tout en immobilisant le membre. La douleur sera diminuée par l’immobilisation, et elle peut nécessiter du PARACETAMOL en suppositoire, l’enfant devant subir au minimum une réduction de la fracture en urgence sous anesthésie générale. Il ne faut donc rien donner à boire ou à manger à l’enfant. Il reste cependant important de gérer un saignement, très souvent présent lors de ces fractures.
  • Les plaies du crâne font souvent peur, et pourtant, elles sont rarement graves. Le seul signe de gravité est la perte de connaissance immédiatement après la chute. Si l’enfant crie de suite, il n’y a donc pas de perte de connaissance. Il faut alors examiner la plaie, au besoin couper des cheveux pour mieux voir, désinfecter et panser. Cependant, il faut immobiliser l’enfant car il peut co-exister des lésions du rachis cervical notamment : maintenir la tête dans l’axe du corps jusqu’à l’arrivée des secours est nécessaire et suffisant.
​Identifier le type de saignement 
Il convient aussi d’identifier le type de saignement qui est l’un des indicateurs de gravité de la plaie. 
  • Une veine coupée saignera en nappe, et ce type de saignement est bénin.
  • La plaie de l’arcade sourcilière ou du menton, par chute sur un coin de table ou un contact sportif viril, saignant souvent beaucoup, est très souvent sans gravité réelle. 
  • Une artère sectionnée saignera par saccades en rythme avec le pouls, et nécessite d’exercer une compression jusqu’à l’arrivée des secours.
  • Un enfant ayant une plaie de l’artère fémorale créée par une branche, sans point de compression effectué, n’aura que quelques minutes de survie.

Les bons désinfectants et pansements

Il faut utiliser des compresses tissées, moins rugueuses et ne se désintégrant pas dans la plaie, ce que fait le coton hydrophile ! BISEPTINE et DAKIN sont les désinfectants à utiliser : pas ou peu d’allergies connues, pas de coloration de la plaie… BETADINE (allergies à l’iode) et MERCUROCHROME (allergie au chrome+asséchement de la plaie) sont à proscrire. De plus, ces produits colorent muscles et tendons, ce qui peut rendre plus difficile un éventuel geste opératoire ! Un tulle gras recouvrira en suite la plaie, puis une compresse puis une bande, sans créer un garrot, mais qui peut être relativement serrée afin de contrôler un saignement, cela en attendant les secours. 

Par
Dr Pierre-Emmanuel Lebas, médecin-urgentiste
Publié le 06 mars 2017
Mis à jour le 01 août 2017