Relais Assistants Maternels (RAM)

Animatrice de RAM : une mission riche et complexe

Les Relais Assistants Maternels (RAM) sont animés par des professionnelles, le plus souvent éducatrices de jeunes enfants (EJE) ou puéricultrices. Ce sont elles qui coordonnent les activités proposées aux enfants, l’accompagnement des assistantes maternelles et la relation avec les parents. Zoom sur cette fonction qui requiert des qualités très diverses, avec l'exemple de Julie Meunier-Chambon, animatrice du RAM de Mons-en-Baroeul dans le Nord.
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assistantes maternelles au ram
Différents parcours possibles
A l’heure actuelle, il n’existe pas de diplôme spécifique pour exercer comme animatrice de RAM. Mais deux conditions doivent être remplies : détenir un niveau égal ou supérieur à Bac + 2 et justifier d’un diplôme ou d’une expérience professionnelle confirmée dans le domaine de l’accueil des jeunes enfants ou du travail social. Ainsi les animatrices de RAM peuvent être EJE, puéricultrices, infirmières, psychologues, psychomotriciennes, assistantes de service social, animatrices socio-culturelles… Suivant les structures, elles viennent donc de différents milieux et ont des approches différentes de leur métier. Selon Julie Meunier-Chambon, il n’y a pas de profession « parfaite » pour être animatrice de RAM. Les animatrices socio-culturelles ont dans leur formation une forte composante d’organisation et d’animation, les EJE allient connaissances théoriques et méthodologiques.
« Certes les assistantes maternelles suivent une formation courte, mais certaines ont un bagage derrière elles qui leur permettrait d’exercer cette fonction, » souligne-t-elle. Si elles sont titulaires d’un diplôme supérieur ou égal à bac + 2 et justifient d’une expérience dans la petite enfance autre que leur cadre d’exercice d’assistante maternelle à domicile : une expérience de travail en équipe, de travail en partenariat, et de diverses connaissances sur les dynamiques institutionnelles. Et elles ont l’avantage de bien connaître le métier de leurs paires.
Julie Meunier-Chambon était professeur d’italien dans un lycée, avant de choisir de passer son diplôme d’EJE. Elle a commencé par travailler dans des classes passerelles à Roubaix puis elle a quitté l’école maternelle. On lui alors proposé de prendre la tête du nouveau RAM de Mons-en-Baroeul. Et comme toute nouvelle animatrice de RAM, elle a dû passer devant le comité de pilotage de la Caf pour faire valider son statut.

Construire un projet cohérent
Les différences entre les RAM sont dues aux moyens mis à leur disposition, aux besoins spécifiques de chaque région, mais aussi aux assistantes maternelles qui le fréquentent. L’animatrice de RAM doit prendre un certain recul pour comprendre ces spécificités. Julie Meunier-Chambon a eu la chance d’arriver dans un nouveau RAM où tout était à construire et d’être engagée en juin pour une ouverture en septembre. Un temps qu’elle a mis à profit pour travailler sur le fonctionnement et le projet pédagogique : quels ateliers, quels contenus, quelles fréquences… « Ces deux mois et demi m’ont permis de m’imprégner du projet social et du contexte territorial, raconte-t-elle. Je me suis aussi beaucoup documentée sur ce qui existait déjà en France en termes de relais et ai repris l’historique des actions menées auprès des assistantes maternelles du secteur. » Pour avoir une idée plus précise de leurs attentes par rapport au  RAM, elle réalise un sondage puis un questionnaire. Des réponses qui lui ont permis de monter un projet cohérent.

Soutenir les jeunes parents
Animer un RAM c’est donc proposer un accompagnement bienveillant aux assistantes maternelles et aux enfants, mais aussi aux parents. Et comme Julie Meunier-Chambon le souligne, « quand c’est leur premier enfant, nous avons un échange très particulier : de quoi ont-ils envie pour leur enfant ? Qu’attendent-ils des personnes qui l’accueillent ? Souvent, ils ne le savent pas eux-mêmes. » Elle met un point d’honneur à prendre le temps de bien les accueillir pour cibler leurs besoins et les aider à découvrir leur identité en tant que parents.

Entretenir la communication et la confiance
Etablir une bonne communication au sein du RAM exige de savoir choisir les mots justes et de ne pas avoir un avis trop tranché sur les relations entre parents-employeurs et professionnelles pour ne pas les influencer, ni se laisser influencer en cas de situation conflictuelle. « Il ne faut pas oublier que le public que l’on rencontre présente les choses à sa façon, rappelle Julie Meunier-Chambon. En prenant du recul, on peut parfois être surpris ! Par exemple on peut entendre deux versions différentes sur un problème de congés payés. » Elle ne fait pas la transmission entre les professionnelles et les parents, mais les écoute chacun leur tour et leur propose une rencontre - où elle peut faire la médiation - pour rétablir la communication quand elle a été rompue.
La plupart du temps, le sujet le plus sensible au sein des RAM est la question du droit. Julie Meunier-Chambon s’en est vite rendue compte en échangeant avec les parents et les assistantes maternelles. « Un problème peut vite se créer à cause d’un mot mal dit ou mal compris, ou encore une information erronée trop vite avancée. » Lors des entretiens avec les familles, elle précise donc aux parents qu’elle n’est pas juriste et qu’ils devront se référer à une instance extérieure pour certaines questions spécifiques. L’idée est de faire la part des choses entre les informations générales délivrées par le RAM aux familles et aux professionnelles et ce qui relève de la relation de travail employeur-employée et donc du droit privé.

Une fonction polyvalente
Pour Julie Meunier-Chambon, animer un RAM est un poste très riche où toutes les compétences peuvent être mises en œuvre et les missions varier : un jour en atelier avec les enfants et les assistantes maternelles, un jour en accompagnement avec les parents, un jour en réunion avec les partenaires pour mettre en place des actions. « C’est une mission qui nécessite de prendre de la hauteur par rapport à un territoire et de faire des propositions très concrètes sur le terrain, » en conclue-t-elle.
Article rédigé par : Armelle Bérard Bergery
Publié le 08 décembre 2017
Mis à jour le 28 décembre 2017

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