Loïc : de papa dans une crèche parentale à professionnel ... dans la même crèche !

Quand il était électrotechnicien de maintenance, Loïc Moreau ne supportait plus l’aspect industriel et le rythme intenable de son travail. Il a décidé de se reconvertir dans un métier plus « humain » et s'est tourné vers la petite enfance. A 34 ans, il travaille aujourd’hui dans la crèche parentale des P’tits Loups d’Etrechy qui accueillait deux de ses enfants.
Savoir saisir l’occasion
Loïc est tout naturellement entré dans l’univers de la petite enfance en s’investissant dans la crèche parentale où ont été accueillis deux de ses quatre enfants, (aujourd’hui âgés de 20 mois à 10 ans). Cette expérience a fini de le convaincre de quitter son travail, où il devait alors faire face à des horaires conséquents et une saturation de la partie business. « Lorsque j’ai vu qu'un poste se libérait au sein de l’équipe des P’tits Loups, j’en ai parlé à la directrice. Elle m’a conseillé de passer le CAP petite enfance, de prouver ce que j’étais capable de faire, et ensuite elle pourrait m’embaucher ».  
Pendant huit mois, il prend des cours par correspondance avec le CNED (Centre National d’Enseignement à Distance) pour passer son CAP en candidat libre, tout en continuant à travailler. Puis il monte un dossier qui lui permet de prendre quatre semaines de congés pour effectuer le stage obligatoire prévu dans la formation. En 2010, une fois son diplôme obtenu, Loïc commence sa nouvelle vie : il travaille à temps plein dans la crèche.

« Je suis attaché au côté humain »
Ses proches l'ont soutenu dans sa reconversion. « Il y a eu beaucoup de bonnes surprises, personne ne m’a dit que j’étais fou de faire ça ou que c’était une mauvaise idée. J’ai beau avoir ce grain de folie, ma décision était mûrement réfléchie ». Il faut dire que depuis son plus jeune âge, Loïc est tourné vers les autres. Adolescent, il travaillait en centre de loisirs et en colonie de vacances. Il est aussi sapeur pompier volontaire. « J’ai toujours su que j’étais attiré par un métier avec le contact humain, j’ai grandi là-dedans ». Loïc a seulement suivi son instinct en intégrant les P’tits Loups.
Six ans après avoir passé son CAP,  souhaitant évoluer dans son métier, il décide de faire une VAE (Validation des Acquis de l’Expérience) pour devenir auxiliaire de puériculture. « Ça ouvre un champ très large de possibilités et de travail, tout en restant fixé sur l’enfant ». Cela lui permet aussi de travailler encore plus en équipe, et de renforcer ses pratiques : entretenir une dynamique et un cadre sécurisant et rassurant pour les parents.

Deux ans plus tard, Loïc, devenu auxiliaire de puériculture, continue de s’épanouir au sein de la crèche qui l’a vu débuter, et avec une équipe qu’il affectionne particulièrement : « Je suis arrivé au moment où la crèche changeait de locaux, j’ai participé au projet donc ça crée des liens affectifs ». Son intégration dans ce milieu dit « de femmes » fut une réussite. « Si la directrice m’a proposé le poste, c’est parce que l’ensemble de la crèche était ouverte à travailler avec moi ».

L’exception qui ne gêne pas  
Loïc est le seul homme de la crèche et ça ne le dérange pas. « La notion de professionnalisation est tellement importante que le genre ne change rien, c’est seulement la personnalité qui apporte quelque chose à l’équipe. Je n’aurais pas la prétention de dire qu’il faut mettre des hommes dans les crèches parce que ça change tout. Pour moi, il n’y a pas de plus ou moins avec un homme, encore une fois c’est vraiment la personnalité qui compte. Par exemple, je vais être très sensible sur certaines choses où mes collègues peuvent être moins sensibles ». Il participe volontiers aux discussions, peu importe le sujet. Il n’a jamais eu de problèmes avec ses collègues féminines et ne ressent pas de discrimination vis-à-vis d’elles : « On est tous logés à la même enseigne ». Chez les P’tits loups, l’égalité femme-homme est respectée, même au niveau des salaires. En effet chaque métier appartient à une catégorie avec un salaire bien défini.

Par ailleurs, une équipe soudée aide certains parents à mieux accepter un homme au sein de la crèche. Il a eu le cas avec deux mamans d’abord réticentes à lui laisser leurs filles mais rapidement rassurées en voyant la bonne entente qu’il entretenait avec elles et la confiance de l’équipe en lui. Ces situations restent rares et Loïc reçoit de nombreux retours positifs. « Les parents sont contents de voir un homme en crèche. Pour certains, cela reflète mieux la vraie vie ».
Les papas apprécient aussi d’avoir un homme à qui parler. Loïc pense qu’il est plus facile pour eux de lui poser des questions qu’ils n’oseraient pas forcément poser à ses collègues féminines. En revanche, pour les enfants, « que l’on soit un homme, une femme, un labrador ça ne change rien tant qu’on s’occupe bien d’eux ».

Un projet prometteur
Loïc a encore des projets plein la tête. Il aimerait s’orienter dans la formation en alliant son travail et son expérience de pompier volontaire afin d’adapter les gestes de premiers secours aux professionnels de la petite enfance. « Il y a énormément de choses à faire dans ce domaine », affirme-t-il. Pour l’instant, Loïc valide ses monitorats de formateur - première étape dans la réalisation de ce projet « encore tout frais ».

Ce qui est sûr c’est qu'aujourd'hui Loïc adore son métier et qu’il n’est pas prêt de laisser sa place  !
Article rédigé par : Julia Dumoulin
Publié le 11 juin 2018
Mis à jour le 25 juillet 2018