Les relais assistantes parentales (RAP)

En parallèle des relais assistants maternels (RAM), les relais assistantes parentales (appelées aussi auxiliaires parentales ou gardes d’enfants à domicile) ont commencé à se développer. Né dans les Hauts-de-Seine (92), ce concept répond à un besoin d’accompagnement des professionnelles, semblable à celui des assistantes maternelles mais avec des spécificités liées à la profession. Explications avec Paola Bonn, éducatrice de jeunes enfants responsable du RAP de Clamart.
Certains RAM en France se sont vus progressivement élargir leurs missions à l’accueil des assistantes parentales, ces professionnelles qui gardent quotidiennement les enfants au domicile de leurs parents. Mais bien avant cette recommandation de l’Etat, les RAM du département des Hauts-de-Seine leur avaient déjà ouvert les portes. Et en 2002, le Conseil départemental a créé sa propre Charte qualité relative à la garde d’enfants à domicile, à laquelle les villes ont choisi d’adhérer ou non. Les premiers RAP ont alors vu le jour comme celui de Clamart en 2003. « Les assistantes parentales ont comme les assistantes maternelles des revendications en termes de reconnaissance et de professionnalisation, explique Paola Bonn, qui est responsable du RAP depuis une dizaine d’années. Mais elles ont une histoire plus récente et une identité professionnelle encore en construction. Elles ont une soif d’échanges et de formation. » Les RAM-RAP et les RAP entendent donc répondre à ces besoins.
 
Accessibles après une formation ou 3 ans d’expérience
Contrairement aux RAM, généralement ouvert à tous les professionnels, les responsables de RAP qui ont souscrit à la Charte qualité procèdent à la sélection des futures participantes. « Il ne s’agit pas de recrutement, précise Paola Bonn, mais d’une sélection avisée, éclairée des assistantes parentales. » A chaque responsable sa manière d’organiser ces rendez-vous. Elle, en prévoit deux : un avec elle et un autre avec une psychologue clinicienne spécialisée dans la petite enfance. Critère de base pour intégrer le RAP, justifier de trois ans d’expérience et/ou d’une formation petite enfance. Puis le RAP a pour mission de les mettre en relation avec les familles en recherche d’une assistante parentale, de les suivre et de les accompagner pour favoriser leur professionnalisation, renforcer leur rôle éducatif.

Des actions formatives et des formations en intra
Au RAP de Clamart, des temps d'accueil jeux sont organisés chaque semaine pour des groupes de professionnelles accompagnées des enfants qu’elles gardent. Il propose également de nombreux ateliers destinés à acquérir de nouvelles compétences. En partenariat avec les RAP des villes voisines Meudon et Châtillon, des sessions de formation continue en intra sont ainsi menées en journée par des intervenants extérieurs. Ainsi que des actions formatives facultatives animées par les animatrices, qui ont lieu soit pendant le temps de travail des professionnelles, soit le soir. « On aborde des thèmes très variés, détaille Paola Bonn. Certains concernent l’enfant tels que l’alimentation, l'accueil des émotions, l’aménagement de l’espace, l’importance de la parole adressée à l’enfant... D’autres ciblent plus les professionnelles comme les bons gestes pour préserver son dos, le contrat de travail, les droits et devoirs des assistantes parentales, ceux des parents… »
« Les assistantes parentales ont un besoin de formation énorme », souligne-t-elle en remarquant qu’elles viennent de manière très assidue aux ateliers du RAP, s’investissent énormément dans la formation continue et que nombre d’entre elles se lancent dans la Validation des Acquis de l’Expérience (VAE). « Il y a en revanche des points sur lesquels elles s’engagent moins, comme les réunions d’informations aux familles et les actions de formation qui ont lieu le soir. Avec environ 50 heures de travail hebdomadaire, c’est compliqué… »

Des ateliers avec les partenaires locaux
Le RAP propose également des activités pour les enfants et les professionnelles qui les accompagnent avec les partenaires locaux : le théâtre, le cinéma, la médiathèque. Paola Bonn anime ainsi avec la bibliothécaire un atelier lecture ouvert à la fois aux assistantes parentales et aux assistantes maternelles. Et certains RAM accueillent sur leurs accueils jeux les professionnelles avec les enfants dont les parents habitent plus près. « Cela s’est toujours très bien passé, constate-t-elle. Bien sûr il existe des rivalités entre assistantes maternelles et assistantes parentales, mais on travaille régulièrement dessus. »

Un soutien dans les relations avec les parents-employeurs
Tous les deux mois environ, le RAP met en place un groupe de parole animé par la psychologue. Un temps d'échange qui poursuit plusieurs objectifs : s’exprimer sur d’éventuelles difficultés du quotidien, réfléchir sur ses pratiques, parler de son vécu et de ses questionnements, prendre de la distance sur des situations particulières - notamment sur leurs relations avec les parents-employeurs qui sont assez subtiles. « Elles doivent encore plus s’adapter que les assistantes maternelles à l’environnement et au rythme de la famille et ont donc une vision plus large du cadre familial, » explique Paola Bonn. Les animatrices du RAP jouent un rôle de facilitateur entre les deux, y compris parfois dans les situations les plus délicates. Par ailleurs les assistantes parentales sont très présentes dans les forums car ils sont pour elles l’occasion de mettre en valeur leur profession. « Depuis que les premiers forums ont eu lieu, elles ont beaucoup évolué dans leur manière de se présenter au public, avec une attitude plus professionnelle auprès des parents, remarque-t-elle. Ils ont maintenant une image plus positive de ce métier qui leur fait parfois un peu peur. »

Visites des animatrices au domicile des parents
A Clamart, une convention d’engagement est co-signée par la ville, la famille et l’assistante parentale pour définir le lien entre tous. Dans ce cadre, les animatrices de RAP demandent à chaque parent employeur l’autorisation d’effectuer une visite à domicile - en général en début d’année et en fin d’année, et plus si besoin spécifique. Effectuée pendant leur absence, elle permet aux animatrices d’observer l’environnement quotidien des enfants et le cadre de travail des assistantes parentales, d’avoir un entretien privilégié avec elles, mais aussi de constater l’évolution de l’accompagnement de l’enfant. Par exemple, s’ils jouent avec des jeux adaptés à leur âge, s’ils en ont trop ou pas assez à leur disposition… « Ce n’est pas intrusif, rassure Paola Bonn, ça fait simplement partie de l’accompagnement et du suivi des assistantes parentales. Notre visite leur permet aussi de s’exprimer sur d’autres sujets ou difficultés rencontrées. »

Plusieurs villes dont Paris s’inspirent aujourd’hui de la Charte qualité des Hauts-de-Seine pour améliorer le suivi des assistantes parentales.
Article rédigé par : Armelle Bérard Bergery
Publié le 10 avril 2018
Mis à jour le 10 avril 2018