La commission des 1000 jours officiellement installée aujourd’hui

La commission des 1000 jours, présidée par Boris  Cyrulnik,  sera officiellement installée par Emmanuel Macron cet après-midi à 15h. Cette commission composée de 17 membres scientifiques ou praticiens de terrain, est destinée à préparer le contenu du parcours des 1000 jours annoncé par Adrien Taquet, le secrétaire d’état à la Protection de l’Enfance, avant l’été. Ses travaux se dérouleront durant l’automne pour aboutir à un rapport en début d’année 2020.

Un éclairage scientifique pour des réponses concrètes
Le sujet, on le sait, tient à cœur à Emmanuel Macron qui y avait fait référence lors de sa conférence de presse post grand débat. Il a fait de la lutte contre les inégalités , notamment de destin, celles qui s’ancrent dès la petite enfance, une des priorités de son quinquennat.
Cette période des 1000 jours (du quatrième mois de grossesse aux 2 ans de l’enfant, selon la définition de l’OMS) sera donc au cœur du parcours d’accompagnement à la parentalité que souhaite mettre en place le gouvernement. Mais il se dit que Boris Cyrulnik préfère parler de « 1001 jours » pour montrer que le dispositif ne se limitera pas arbitrairement aux 2 ans de l’enfant, et pourrait dans certains cas se prolonger.
La commission qu’il préside  avec ses deux vice -présidentes sont Isabelle Filliozat, psychologue-psychothérapeute et Alexandra Benachi, gynécologue-obstétricien, réunit des neuro-psychiatres, des psychothérapeutes, des EJE , des pédiatres des sages-femmes,  des gynécologues -obstétriciens  d’horizon divers.  Et dit-on de sensibilités différentes.
 Côté méthode, il est demandé à la commission de privilégier une approche globale et concrète : apporter un éclairage scientifique sur des problèmes concrets rencontrés par les parents, sortir des silos (éducatif, sanitaire, social) et répondre aux besoins des enfants ET des parents. Une approche globale qui doit aboutir à des mesures concrètes et immédiates d’une part, à la mise en œuvre de chantiers à plus long terme d’autre part. Des chantiers d’envergure, comme par exemple une refonte totale des modes de garde.

Une feuille de route avec 4 grandes priorités
Le Président de la République devrait fixer 4 grandes priorités aux membres de la commission qui, par ailleurs, procéderont à des auditions d’experts pour nourrir leurs réflexions et concevoir leur rapport.
1. L’élaboration d’un consensus sur un corpus de règles scientifiques de santé publique (santé, environnement, éducation, social). L’objectif de ce corpus étant de concevoir une dizaine de règles issues de constats scientifiques qui puissent se transformer en repères et conseils pour tous les parents. Cela pourra aller de l’importance de la sieste pour la mémoire aux effets des écrans sur le développement de l’enfant… La commission devra aussi identifier les personnes ressources qui pourront aider les parents à les mettre en œuvre.
2. L’élaboration d’un nouveau parcours des premiers 1000 jours. Avec deux idées : ne pas se focaliser uniquement sur la période prénatale et s’inspirer d’expériences d’autres pays, comme la Finlande ou la Norvège par exemple. Et un impératif : que ce parcours soit universel pour tous les parents mais qu’il permette de détecter précocement les éventuels difficultés ou handicaps.
3. Les congés de naissance. La question à laquelle devra répondre la commission : que dit la science sur ce sujet ? Quant à la durée, au partage entre les deux parents ? Qu’est ce qui marche ? Comment évaluer l’impact de ce congé sur la parentalité et le développement de l’enfant ?
4.  Le fonctionnement des modes de garde. La demande du président ouvre une réflexion à plus long terme, puisqu’il s’agit de dessiner ce que pourrait être un nouveau service public de la petite enfance. En termes quantitatifs mais surtout qualitatifs.

La petite enfance, un enjeu de société
L’installation de la commission des 1000 jours à l’Élysée et l’élaboration d’un parcours des 1000 jours porté par le Gouvernement signent un changement de paradigme assumé : l’État vient s’immiscer dans la sphère privée avec une politique publique petite enfance. Cette politique publique sera fondée sur un ensemble de services, sur un accompagnement et non pas sur des mesures coercitives.
Rappelons que les parcours 1000 jours s’inscrit dans le Pacte pour l’Enfance qui comprend deux autres volets : la protection de l'enfance et l'Aide Sociale à l’Enfance et la prévention et la lutte contre les violences faites aux enfants.
Rappelons aussi que les travaux de cette commission devraient se nourrir de ceux déjà engagés (mais qui sont selon l'Élysée, sont dans une autre temporalité) comme la réforme de la PMI et les futures ordonnances (article 50 loi ESSOC) sur la réforme du cadre normatif des modes d’accueil.
Rappelons enfin qu’on ne part pas de rien : il y a eu et il y a toujours le rapport Giampino, lui aussi fondé sur une approche globale du développement du jeune enfant et les rapports du HCFEA qui disent beaucoup sur le développement de l’enfant, les modes d’accueil et le soutien à la parentalité.
 
Article rédigé par : C.L
Publié le 19 septembre 2019
Mis à jour le 19 septembre 2019