1 an de la Stratégie pauvreté : bilan positif pour la petite enfance

Un an après la présentation de la Stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté par le Président de la République, le Gouvernement fait un point d’étape sur les avancées et perspectives du projet.

Le 13 septembre 2018, Emmanuel Macron présentait les grands axes de la Stratégie pauvreté qui doit déployer sur trois ans un système de 21 mesures, pour un engagement budgétaire de 8,5 milliards d’euros. Elle poursuit deux grands objectifs : prévenir la pauvreté dès le plus jeune âge et faire du retour à l’emploi une priorité.
Afin d’établir un premier bilan de l’année écoulée, le Gouvernement organise ces jeudi 12 et vendredi 13 septembre la première conférence nationale des acteurs de la Stratégie aux Docks Pullman à Aubervilliers (93). Des conférences, tables rondes et démonstrations qui ont pour but de présenter des initiatives, échanger sur des projets et des réalisations, préparer leur essaimage et travailler sur les évolutions à venir.

En amont de ces rencontres, le délégué interministériel OIivier Noblecourt, qui mène de front toute la Stratégie, et la secrétaire d’Etat auprès de la Ministre des Solidarités et de la Santé, Christelle Dubos, ont tenu un point presse abordant l’essentiel du travail effectué. Ils ont tenu à rappeler que tout ne pouvait pas s’améliorer d’un coup et que les objectifs ne pouvaient être encore atteints, mais que la Stratégie était déjà en œuvre de manière très concrète. « Chaque semaine en France, ce sont 11 000 personnes qui se réunissent pour travailler sur la Stratégie, » a expliqué Olivier Noblecourt. Et de souligné la nouveauté de ce plan. « On a changé le mode opératoire de façon radicale : on finance le résultat et pas les moyens. (…) Nous créons un nouveau cadre d’engagement des politiques. (…) Il y a un vrai partage d’objectifs entre les collectivités. »

15 000 places de crèches en cours de création

Evoquant les quatre grandes réformes impulsées à travers la Stratégie, Olivier Noblecourt a précisé que la première est celle des modes d’accueil. « Nous les transformons. Cela prend du temps, mais les outils sont en place et les élus mobilisés, » a-t-il précisé. Prenant l’exemple d’Elisabeth Laithier, co-présidente du groupe de travail sur la petite enfance à l’Association des Maires de France (AMF), très impliquée dans son tour de France des communes. Elle qui a d’ailleurs élaboré un Vade-mecum pour améliorer la transparence dans l’attribution des places de crèches.

Ainsi, sur le premier des cinq engagements de la Stratégie intitulé « Agir dès les premiers âges de la vie pour en finir avec la reproduction de la pauvreté », les ministres ont expliqué avoir réformé les modalités de financement des modes d’accueil. Notamment grâce au « bonus mixité sociale », dont bénéficient en 2019 28% des crèches (soit environ 3200) et qui leur a fait gagner près de 58 millions d’euros. Au « bonus territoires », déployé dans les quartiers prioritaires des politiques de la Ville (QPV) et qui doit être étendu à l’ensemble du pays en 2020. Et au « bonus handicap » qui a permis la création de 2000 d’accueil supplémentaires dédiées aux enfants en situation de handicap. Au total, ce sont 15 000 places de crèches qui sont en projet de création.

Christelle Dubos a également précisé que sur les 300 nouvelles crèches à vocation d’insertion professionnelle (AVIP) prévus d’ici 2022, déjà 104 sont labellisées. « Une mesure à mon sens très importante et en laquelle je crois », a-t-elle affirmé. Et rappelé la mise en place du « tiers payant » pour le recours à une assistante maternelle, qui favorise la liberté des familles quant au choix d’un mode d’accueil.

Une grande importance accordée à la formation des professionnels

Les ministres sont revenus sur les deux grands plans de formation des professionnels concernés, dont ils ont souligné le caractère inédit : 60 millions d’euros sont alloués à la formation des 600 000 professionnels de la petite enfance. Elle reposera sur les recommandations émises par le rapport du Haut Conseil de l’enfance, de la famille et de l’âge (HCFEA) remis en avril dernier et intitulé « Piloter la qualité d’accueil affective, éducative et sociale des modes d’accueil de la petite enfance ». Préparé par plusieurs groupes de travail, ce plan de formation doit être déployé entre 2020 et 2022.
Le même montant est alloué à la formation de 250 000 travailleurs sociaux, qui se verront également proposer une formation entre 2020 et 2022. Ses priorités : « l’aller vers », les territoires fragiles, l’intervention collective et le développement social, la participation des personnes, le parcours de vie, le numérique et la formation des cadres à l’action sociale.

Parmi les autres mesures à venir, le lancement du Fonds d’investissement social doit entre autres soutenir le développement complet de l’enfant dès la petite enfance jusqu’à 6 ans. Cela passera par l’expérimentation de programmes pédagogiques et éducatifs au sein des modes d’accueil. Interrogé sur ce point, Olivier Noblecourt a assuré qu’il ne s’agissait pas d’adopter des outils de manière très standardisée, mais simplement de faire foisonner toutes les bonnes pratiques qui peuvent être utiles aux professionnels selon les besoins des enfants.


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Article rédigé par : A.B.B.
Publié le 12 septembre 2019
Mis à jour le 12 septembre 2019