Diversification Menée par l’Enfant (DME) : trois clefs pour s’en inspirer

La Diversification menée par l’Enfant (DME) est bien plus qu’une mode ! C’est l’avis de Clémentine Luzu, ergothérapeute formée à la DME. Voici en 3 points-clefs ce qu’il faut savoir si l’on souhaite si ce n’est la mettre en pratique du moins s’en inspirer.
1. DME et diversification classique : pas de contradictions
Certains parents sont adeptes de la Diversification menée par l’Enfant alors même que leur assistante maternelle ou leur crèche ne la pratique pas. C’est tout à fait possible, selon Clémentine Luzu ergothérapeute petite enfance formée à la DME. Les deux modes de diversification ne sont pas antimoniques, ils peuvent cohabiter, se compléter … et l’on peut tout simplement en garder quelques éléments pour le grand bien des enfants et des pros qui les accueillent.
En clair : « contrairement à une idée reçue, il n’y pas de contradiction ni de danger si un enfant mange à la crèche des purées et textures lisses et le soir chez ses parents des petits morceaux…Il ne va pas perdre son réflexe nauséeux (qu’on appelle aussi gag réflexe) ».
• Le gag réflexe ne se perd pas
Le gag réflexe, c’est ce fameux réflexe explique-t-elle encore qui évite que l’enfant ne s’étouffe avec les morceaux : automatiquement il recrachera les morceaux trop gros. Penser qu’une diversification « mixte » « lui fera perdre son gag réflexe est faux, affirme Clémentine Luzu. Les parents dit-elle peuvent donc se rassurer, les deux formes de diversification sont compatibles et il n’y a aucun risque d’étouffement, aucun danger pour l’enfant ».

2. En structures d’accueil, on peut s’inspirer de la DME
Certains lieux d’accueil aimeraient la mettre en place, mais cela parait si compliqué … néanmoins ils aimeraient pourvoir s’en inspirer. Voici les quelques astuces de Clémentine Luzu pour tenter l’expérience.

• Les cuillers pré-remplies
La DME favorise l’autonomie de l’enfant. En structure d’accueil, parfois les professionnels justement ont peur de donner de gros morceaux aux petits. Ils peuvent se rassurer en leur proposant des cuillers pré-remplies et c’est l’enfant qui aura quand même le plaisir de la porter à sa bouche. Du coup il garde un peu d’autonomie.

• La finger food en complément
En structure aussi on trouve qu’appliquer la DME cela rallonge beaucoup le temps de repas. « On peut dans ce cas donner une partie du repas en purée et l’autre en finger food (en morceaux sécurisés que l’enfant mange avec les doigts). C’est en plus. » suggère Clémentine Luzu

• Piquer pour les petits dans les barquettes des plus grands !
 Dans les structures d’accueil, souvent sur les chariots, il y a les repas pour chaque section et donc pour des enfants d’âge dissertent. Il faudrait, insiste Clémentine Luzu, « que les professionnels pensent (et NDLR en aient le droit) aller picorer quelques aliments sur les barquettes du chariot d’à côté … Il faut plus se focaliser sur le développement de l’enfant que sur son âge ! »

3. La DME : en prévention d’éventuels troubles
Pour Clémentine Luzu, la DME n’est pas une mode, c’est vraiment un recours si la diversification se passe mal. La DME peut être une solution quand l’enfant refuse toute nourriture en purée. « Avec la DME, pour certains enfants, on est vraiment dans la prévention de troubles alimentaires voire de troubles de l’oralité », souligne-t-elle. La DME suit le développement naturel de l’enfant, c’est donc important que les lieux d’accueil s’intéressent à cette question avec les enfants rencontrant des difficultés lors des repas.

Néanmoins, insiste encore la spécialiste, il ne faut pas se lancer à l’aveuglette et bien connaître les bases de la DME. Par exemple, jamais de carottes crues avant 3 ans . « Il faut bien connaître les règles de base de la DME pour rester dans la sécurité », conclut Clémentine Luzu.
 
Article rédigé par : Propos recuillis par Catherine Lelièvre
Publié le 22 septembre 2020
Mis à jour le 01 octobre 2020