Claudine Callewaert, assistante maternelle : ses déboires avec les congés maladies

Pour les assistantes maternelles, la gestion de leurs congés maladies peut devenir de véritables galères. Et ça, Claudine Callewaert, présidente de l’association Trésors de Nounous, l’a expérimenté, à ses dépens. Après un gros pépin de santé, elle s’est retrouvée coincée entre les exigences de l’Assurance Maladie - pas toujours claires - et les atermoiements du corps médical. Voici son témoignage.
Un arrêt maladie en urgence
Je ne suis jamais malade. Mais cela faisait quelques jours que je ne me sentais pas très bien. Tout a commencé le vendredi 12 avril où le médecin consulté m’a prescrit en urgence un bilan sanguin. Quelques heures après, les résultats tombent. Le bilan est très mauvais, il faut que je m’arrête. Une nouvelle difficile à accepter car je ne ressentais aucune douleur. Et pourtant, j’étais malade.

Dès lors, tout s’enchaine. Je dois faire une échographie immédiatement. Pas simple un vendredi soir en cabinet de ville ou clinique ! Alors, je vais aux urgences de l’hôpital de Roubaix. Je me sentais envahie par la peur et l'incompréhension, affaiblie. À 1h30 du matin, enfin, je sors de l’hôpital, résultats en mains. 

Le lundi, je consulte mon médecin. Interloqué par les résultats de mes examens, il me demande de retourner faire une prise de sang et d’autres examens dans la semaine. Le constat est sans appel. J'ai attrapé un méchant virus plutôt anodin pour un enfant mais bien ennuyeux pour un adulte. Pas de vaccin pour celui là, nous ne sommes pas à l'abri de tous les microbes, même si les règles d'hygiène sont respectées ! C’est l’un des risques du métier ! Au total, j’ai été arrêté deux semaines, avec des jours prescrits au compte goutte, ce qui n’a pas simplifié mes démarches. J’étais inquiète.

Des calculs complexes, des informations floues
Le diagnostic est long. Heureusement que je m'intéresse aux médecines naturelles pour aider mon corps à éliminer les toxines et me débarrasser de la fatigue. Et puis, je dois faire face à toute sorte de paperasserie pour toucher mes indemnités de congés maladies. Il faut avoir la tête sur les épaules, être concentrée.
En tant qu’assistante maternelle, je dois contacter tous les parents-employeurs afin qu’ils remplissent le document CERFA. Malheureusement, certains étaient en vacances, un autre en deuil… D’autres parents sont préoccupés à l’idée de trouver une place d’accueil en remplacement. Pour gagner du temps, ils me font confiance et je les oriente vers des collègues dans la mesure du possible. Sans compter les parents qui m’avaient engagée en CDD et que je devais recontacter. En tout, il y avait 6 parents d’enfants différents à joindre ! J’ai fini par remplir le document CERFA par moi-même. Les parents n’avaient plus qu’à signer.

Je me rends à la Sécurité Sociale de Roubaix, les CERFA et fiches de paye en poche.
L’agent qui m’accueille m’explique que je fais partie de la catégorie des « salaires discontinus » et non des salariés. Je ne me sens absolument pas reconnue dans mon statut professionnel. Cela m’a perturbée. Vexée, vulnérable, je suis sortie de la Sécurité Sociale avec le doute qu’un bon calcul de mes indemnités soit fait.
La suite se passe sur ameli.fr.

64 fiches de paye et 11 documents CERFA
Au mois de mai, je reçois mes premières indemnités. C’est le choc, il y a forcément une erreur, la somme est tellement basse. Je fais alors une réclamation sur ameli.fr mais on me répond que la calcul est automatique et qu’il n’y a aucune erreur. Sûre de moi, j’insiste et mon dossier fini par être remonté à l’expert. Au final, j’obtiens la même réponse : « le calcul est correct, vous avez eu 6 employeurs sur l’année ». Là, j’ai compris ! Mon dossier n’était pas complet.

Je n’avais pas 6 parents à contacter mais 11 ! Cela changeait tout. Le calcul de mes indemnités était fait sur 12 mois et non pas 3 mois comme un employé ayant un seul employeur. De plus, je n’avais pas coché la case « salaire discontinu », ce qui a également induit la sécurité sociale en erreur. 

Le casse-tête recommence alors, il faut joindre les parents que je n’avais pas contactés précédemment, changer les CERFA pour les mois manquants… J’ai ensuite tout envoyé au directeur de la Sécurité Sociale : 64 fiches de paye et 11 documents CERFA ! 

Un manque d’accompagnement flagrant
Comment avais-je pu faire ces erreurs ? Pourquoi ne m’a t-on pas informée qu’il manquait les CERFA pour toutes les copies de l’année de salaire, ces copies que j’avais en mains lors du rendez-vous ? J’avais besoin de réponses alors j’ai recontacté le directeur de l’organisme, en vain.

La Sécurité Sociale n’est pas au courant de notre statut et est autant dans le flou que nous. À cause de tous ces problèmes et de ces démarches compliquées, je n’ai reçu la totalité de mes indemnités que le 21 août dernier, 4 mois après mon arrêt maladie. Il fallait être patiente mais le principal était d’avoir retrouvé l’énergie et la santé !

Quand on n’est pas bien, ce n’est pas toujours facile de faire tous les papiers nécessaires, d’autant que les parents eux-mêmes sont très mal informés. Aujourd’hui, je me sens obligée de donner un document CERFA à chaque parent au moment de la signature du contrat. Il y a clairement un manque d’accompagnement. Il faudrait un service qui permettrait de réguler cela, que la Sécurité Sociale ait nos fiches de paye.
Assistante maternelle est une profession avec beaucoup de règles à respecter. Et lorsque l’on a un souci au niveau administratif, on nous laisse tomber. Je comprends pourquoi l'assistante maternelle se refuse souvent le droit d'être fatiguée, ou malade. Pour ce métier comme pour un autre et comme pour tout être humain, ce droit existe. Nous ne sommes pas encore reconnu à notre juste valeur, et ça, c’est malheureux.
Article rédigé par : Propos recueillis par Laura Bourven
Publié le 06 septembre 2019
Mis à jour le 24 septembre 2019