Anne-Claire, assistante maternelle : l’impact du Covid sur sa carrière

Anne-Claire, bientôt 50 ans, est une passionnée de la petite enfance. Et son parcours le montre. Auxiliaire de puériculture pendant quelques années, Anne-Claire se reconvertie en tant qu’assistante maternelle pendant 14 ans. Mais la crise de la Covid-19 passe par là et la conforte sur l'idée qu'elle doit changer de métier. Elle retournera en structure en tant qu’auxiliaire de puériculture. 
D’auxiliaire de puériculture à assistante maternelle
Diplômée d'état d'auxiliaire de puériculture en 1991, Anne-Claire intègre rapidement une structure collective. Elle travaille plusieurs années pour la même crèche à Lyon et, entre temps, donne naissance à son premier enfant. Suite à la mutation de son époux en Saône-et-Loire et l’arrivée de son 2e enfant, Anne-Claire prend un congé parental puis démissionne de la crèche, trop éloignée de son domicile, où elle travaille. Anne-Claire souhaite continuer à exercer et accepte des remplacements en congés d’été à la maternité de Châlons-sur-Saône. On lui propose ensuite un poste à mi-temps. Elle tombe enceinte de son 3e enfant et prend un congé parental. « Je n’envisageais pas avec trois enfants de repartir travailler à la maternité car cela prenait les week-ends, les jours fériés… Je voulais un confort pour ma vie de famille tout en gardant une activité professionnelle. L’idée à germer de devenir assistante maternelle en accord avec mon mari », explique Anne-Claire.

C’est parti pour 14 années en tant qu’assistante maternelle !
Pour Anne-Claire, alors jeune maman de trois enfants, cette profession est idéale pour concilier vie pro et vie perso. « Ce métier m’a permis d’avoir des instants privilégiés avec mes propres enfants », et puis, « il m’a beaucoup apporté : la capacité à m’adapter à différentes situations notamment, une ouverture sur les autres. Chaque famille a son vécu. », confie Anne-Claire. « C’est un très beau métier, plus difficile que certaines personnes le pensent. On ne le fait pas pour rester à la maison. C’est une profession à multiples facettes, on est toutes différentes et on l’exerce toutes de façon différente », ajoute-t-elle.

Malgré de nombreux aspects positifs, Anne-Claire, avec un peu de recul, se rend compte des problèmes inhérents au fait de travailler chez soi. « La séparation entre vie perso et vie pro est assez compliquée à gérer. Le soir, dès que la porte se refermait, tout était rangé dans la demie heure. J’avais besoin qu’il y ait une vraie séparation », se souvient Anne-Claire. « Je m’étais énormément investie avec les enfants que je gardais. Je ne voulais pas de repas décalés, de siestes interrompues… Je me suis donc interdite beaucoup de choses avec mes enfants. J’étais disponible physiquement avec eux mais je ne m’autorisais pas à les accompagner à leurs activités extra-scolaires par exemple », précise-t-elle.

Sa formation d’auxiliaire de puériculture inspirante au quotidien
Anne-Claire explique aussi que sa formation d’auxiliaire de puériculture l’a toujours accompagnée dans l’exercice de sa profession d’assistante maternelle : « En structure, il n’y a pas d’écran donc à la maison, la télévision était toujours éteinte. J’avais aussi une grande exigence au niveau de la propreté et du rangement. Et également aussi dans le respect des rythmes de l’enfant. »
Pour autant, ces deux métiers de la petite enfance ont de nombreuses différences. En tant qu’assistante maternelle, « la relation est beaucoup plus intense avec les enfants et les parents. On rentre dans l’intimité des familles car elles nous racontent tout. Chacun rentre dans la sphère de l’autre, alors que lorsque l’on est dans une structure, celle-ci fait le trait d’union entre le pro et les parents. Par contre, j’ai toujours souhaité garder une distance car j’étais leur employée en tant que professionnelle de l’enfance et eux mes employeurs », raconte Anne-Claire.

D’assistante maternelle à auxiliaire de puériculture : la crise du Covid comme déclencheur
Quatorze ans après ses premiers pas dans le monde des assistantes maternelles, Anne-Claire, pour plusieurs raisons dont une majeure, souhaite redevenir auxiliaire de puériculture. « Cela faisait depuis quelque temps que j’avais envie de changement. Mon dernier enfant va avoir 17 ans, ce n’est plus forcément nécessaire que je reste à la maison. Et puis mes propres exigences commençaient à peser sur mon fils et mon mari », dit-elle. 

Mais ce n’est pas tout. Anne-Claire estime que le métier d’assistante maternelle n’est pas reconnu, valorisé. Un sentiment pesant. « On ne montre jamais le positif de ce mode de garde, de ce que cela apporte aux enfants. Les assistantes maternelles font des choses merveilleuses avec les enfants (…) Lorsque l’on me demandait ce que je faisais, c’est tout juste si je ne m’excusais pas d’être assistante maternelle et pourtant, j’étais fière de mon métier. Toutes ces images négatives, il faut les entendre, les digérer », confie-t-elle.

Et la crise sanitaire est passée par là. « J’ai commencé à me dire qu’il était temps que j’arrête. Je me suis sentie complétement seule, sans savoir quoi faire. Un vrai sentiment d’abandon, je ne savais pas si je devais mettre un masque, si je devais accueillir les enfants… (…) Je me disais que si j’étais en structure, je n’aurais pas à porter tout toute seule », analyse Anne-Claire.

Quitter le métier d’assistante maternelle, une décision difficile
On le sent à sa voix. Pour Anne-Claire, si la décision est murie, ce n’est toutefois pas évident de dire au revoir à son métier d’assistante maternelle : « C’est une décision compliquée car je suis attachée aux familles, aux enfants. (Mais c’est) une conviction profonde : je dois passer à autre chose même si j’aime ce que je fais. » 
C’est donc par simplicité et amour du métier également qu’Anne-Claire souhaite redevenir auxiliaire de puériculture en structure d’accueil collectif.
Très vite, elle se rend compte qu’elle ne pourra pas gérer en même temps sa recherche d’emploi et son travail d’assistante maternelle. Elle saute donc le pas et pose sa démission. Depuis, Anne-Claire a trouvé un poste dans une structure. Nous lui souhaitons bonne chance…
 
Article rédigé par : Caroline Feufeu
Publié le 29 septembre 2020
Mis à jour le 01 octobre 2020